En cette période de carburant cher, c’est le retour de l’écologie punitive. Le pétrole doit être encore plus cher, comme un encouragement à un peu plus de
spéculation et de dividendes supplémentaires pour les grands actionnaires des compagnies pétrolières. On fait comme si chaque citoyen avait réellement le choix en culpabilisant individuellement
ceux qui subissent. C’est dans le même temps « absoudre » le système générateur de « gabegie » et exiger la pénitence du « pécheur ». Selon que vous soyez puissant ou misérable, pauvre ou riche,
vous pourrez polluer et selon vos moyens, au nom de « l’équité sociale ». La notion de pollueur payeur fait abstraction du niveau de fortune et de condition sociale, comme si tous les citoyens
étaient à égalité de droits et de devoirs. Les « plus égaux » seront autorisés à polluer les autres , la fortune leur en donne le droit. Les autres seront soumis au devoir par faute de fortune.
Le mal fait et subit, les taxes serviront à réparer en générant de nouveaux dividendes pour les entreprises qui en seront chargées. Les dégâts ainsi occasionnés par les choix économiques du
système néo libéral seront épongés par les plus faibles et le capital est exonéré des coûts de sa politique. Madame pourra encore faire ses courses à Londres ou passer ses fins de semaines à
New-York et les yachts pourront rivaliser en puissance avec leurs diesels. Ils ont , eux, les moyens de polluer. Les chemises fabriquées en Chine, les boutons en Inde, le fil en Egypte, le coton
ailleurs, le tout assemblé au Maroc et empaqueté en Equateur. La chemise aura fait le tour du monde par l’opération du « saint esprit ». Les chemins sont longs et tortueux afin d’utiliser les
nouveaux esclaves à un coût moindre que les anciens. Pendant ce temps il y a de sales pollueurs qui n’utilisent pas le co-voiturage pour aller travailler pour le salaire minimum et qui
n’utilisent pas le train dont la ligne est supprimée. Ils habitent à vingt kilomètres de l’usine, faute de moyens pour se loger en pleine ville. Ils font leurs courses en voiture , au super
marché le plus proche, à quinze kilomètres (pire que Londres). Ceux là , n’iront jamais voir la dernière exposition à la mode à Los Angeles conscients des nuisances qu’ils pourraient occasionner
à la planète, puisqu’ils n’en ont pas les moyens. C’est une façon de se consoler ! Souffrez ici bas, vous les petits, les sans grade et sans fortune et les riches iront au paradis à la droite du
seigneur. Au paradis ils y sont déjà pendant que des pauvres se flagellent à la demande des « guides de conscience ». Pêcheurs chauffeurs et agriculteurs deviennent les boucs-émissaires et les
plus gros qu’eux attendent leur naufrage afin de concentrer l’activité convoitée. Le capitalisme et sa forme « avancée », le néo libéralisme, peut se frotter les mains. Il n’est pas remis en
cause par les détracteurs de ses dégâts et peut tranquillement poursuivre la spoliation de l’humanité et l’épuisement des ressources de la planète à des fins d’enrichissement d’une infime
minorité. Mieux, son idéologie d’exploitation et sa justification économique ont gagné bien des consciences , ce qui autorise certains à se montrer fort face aux faibles et à se tromper de
combat.
Appels et initiatives à gauche se succèdent et se multiplient. Au niveau national, avec des noms connus. La nouveauté vient des initiatives locales et départementales,
constituées à la base et qui fonctionnent. Elles sont composées pour la plupart d’entre elles par des militants de la gauche du PS, du PC, unitaires de la LCR, d’ATTAC mais également des anciens
de LO, des syndicalistes , des militants associatifs et des citoyens inorganisés. C’est un large éventail de la gauche populaire qui se regroupe, liés ou pas à des appels
nationaux.
La demande d’unité
est forte avec la volonté de repousser le social libéralisme. A la base il n’y a pas de ségrégation dans l’écrasante majorité des initiatives locales et malgré des débuts difficiles compte tenu
des moyens et un manque d’organisation. Elles se développent sous une chape de plomb médiatique et la méfiance ou le mépris des appareils en place. Il est pourtant frappant de constater l’arrivée
de « responsables » syndicaux, à titre personnel et le fossé qui les sépare du discours des dirigeants de la « gauche » actuelle. Le mouvement social semble chercher une voie plus autonome et à
traduire directement ses aspirations politiques hors du champ traditionnel des partis qui ont failli à cette mission qui était celle originelle de leur fondation.
On peut se poser la question du devenir de
telles initiatives et les repousser d’un revers de manche : »une de plus ! » . La première question qui me vient à l’esprit c’est « Pourquoi ! ». Cette question le PS ferait bien de se la poser
mais auparavant de faire le bilan de son action en dehors de l’autosatisfaction constante de sa direction.
Depuis 1920 les conditions n’ont jamais été aussi
favorables pour un recomposition ou refondation de la gauche, notamment en France et le nombre d’appels et d’initiatives est un révélateur important. C’est ce qui retient mon attention plus que
toute autre considération sur la situation actuelle. Ni optimisme « béat » ni pessimisme, c’est un début et une voie s’ouvre débarrassée de sa gangue social démocrate et stalinienne . Une voie ce
n’est pas encore le but mais un moyen pour l’atteindre et il ne suffit pas de la suivre pour y parvenir, les embûches sont toujours sur le chemin que l’on suit.
Que traduit cette
agitation politique au bon sens du terme ? Après cette question et sa réponse , l’autre vient : »Que faire ? ». Faut-il réduire la gauche à ses appareils et à ses conflits par
dirigeants interposés des multitudes de tendances divisées, incapables de présenter un front commun face au « social libéralisme . Les congrès à venir, celui du PS en
particulier illustre parfaitement les insuffisances et les limites d’une aile gauche divisée, certes aux élans généreux mais aux solides inimitiés dont l’avenir peut se résumer à « Canossa
» pour les uns et à l’inexistence pour les autres. N’est-il pas possible de concevoir une gauche de gauche avec tous ceux qui sont vraiment à gauche, ensembles, afin de débattre, de
discuter, d’échanger et pourquoi pas de construire un projet commun. Tout passe par le rapport des forces et sa construction a toujours un début et commence par la prise de
conscience.
Depuis le début de son existence , la droite et la bourgeoisie ont tenté d’anéantir le socialisme, avec parfois quelques succès de circonstance. Toutes les
méthodes ont été utilisées, de la plus brutale à la plus subtile. Toutes les forces réactionnaires ont avec permanence mené ce combat, église et bourgeoisie, bourgeoisie et église, sans jamais
arriver à leurs fins dans une opposition frontale. Bien des socialistes ont cédé mais le socialisme est resté d’actualité à chaque grande période depuis sa fondation. Il fait parti de l’horizon
politique et social qu’aucune tempête n’a réussi à cacher. Ceux qui ont cédé sont nombreux et souvent de triste mémoire mais dans son histoire la bourgeoisie n’inscrit jamais le nom de ses
valets. Chaque fois qu’un « socialiste » cède, il est l’homme ou la femme du moment. La droite le met en évidence par ses relais d’opinion, il est l’est l’homme ou la femme du moment. Il n’y a
rien d’original à mettre en évidence un « socialiste » socialiste , dans la multitude des « socialistes » socialistes. L’événement passe par la glorification de la « trahison » d’un camp à
l’autre, toujours dans le même sens et ce n’est pas anodin. Ils ont fait la une, tous, l’un après l’autre. Qui se souvient d’eux en dehors d’un microcosme politique de gauche. Certainement pas
ceux pour lesquels et pour qui ils ont renié le socialisme. Il s’agit davantage de reniement que de trahison puisque l’on n’est trahis que par les siens. L’histoire en contient un bon nombre et
Valls, Delanoe et consort ne sont pas les premiers de la liste. La première c’est pour des principes à « géométrie variable ». Nous l’avons compris, ils portent au socialisme le même intérêt qu’à
leur première chemise. Ce qui importe c’est le Parti et non pas socialiste mais comme appareil électoral à leur service , afin de régler leur propre question sociale, assurés ainsi d’appartenir à
la « caste dirigeante », cette élite interchangeable pour la direction et la gestion du néo libéralisme. C’est également une manière de s’auto promouvoir « élite » au cas ou nous l’aurions
oublié, dans la course suprême. Ils font mieux de l’intérieur que la droite de l’extérieur. Ils en sont persuadés, puisqu’ils font la « UNE » l’opinion est à leurs pieds. Qu’elle opinion ?
Certainement celle qui entoure les « nains politiques », comme chacun sait le « lumpen prolétariat » aime le « pipeul » . Mieux que la droite maintenant, mais l’histoire est devant nous.
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