Mercredi 30 mai 2007
" Aller à la soupe " est une expression populaire pour qualifier ceux qui comme Kouchner se rallient à l’adversaire en position de force. Mais aussi ceux qui abandonnent le combat où renient leurs idées premières . C’est également sous cette formule lapidaire qu’étaient désignés les partisans de la troisième voie " ils vont à la soupe ". C’est au moins aussi vieux que le mouvement socialiste et ouvrier et il n’est pas dénué de fondement en la matière
La myopie politique pour les uns, des convictions brinquebalantes ou de circonstances pour les autres, poussent à suivre un mouvement apparent avec un réflexe mécanique, comme un effet de mode. Ils sont souvent poussés en cela par ceux qui justifient et nourrissent ainsi des desseins secrets . Il conviendrait de dire, quand la droite gagne, que l’électorat se droitise, et par voie de conséquence………Cette logique aurait conduit, par voie de conséquence à ce que le socialisme ne voit jamais le jour en tant que parti politique et force électorale. Pour rester dans la formule populaire, " caresser la bête dans le sens du poil ", c’est juste avant "  d’aller à la soupe ". Faute de prévenir l’événement , d’aucuns se contentent de le subir, voire parfois de l’accompagner et le débat ne porte plus sur le fond mais sur la manière de subir ou d’accompagner. C’est une façon de détourner les bonnes questions, pour ne pas avoir à y répondre . Suivre les événements plutôt que de les précéder ou les anticiper est la plus vieille méthode de la droite et de tous les opportunistes.
Sauf qu’en s’inspirant de Gramsci, entre autre, les nouveaux libéraux ont compris qu’une bataille se prépare avec des idées aussi et que l’idéologie est un moyen de comprendre et de savoir. Il faut aussi et en premier l’adhésion des troupes traditionnelles avant de recruter des mercenaires et non l’inverse.
Le prétexte social-démocrate.
Combien ont pensé et écris dans les années 80-90 que l’avenir de l’Europe était social-démocrate ( Radice, député " travailliste " anglais). Ils n’en parlent plus. C’est en France que l’on en parle le plus, mais uniquement pour le devenir du PS. Pour le reste c’est le silence " radio ". C’est le nouveau prétexte afin d’habiller proprement la nouvelle référence en la matière, le blairisme (qui fait penser à un autre terme populaire peu flatteur).
S’engager dans la troisième voie, c’est " aller à la soupe ", en le disant le plus correctement possible. Pourtant nous savons tous par expérience que ce type de pratique nous a toujours conduit à la catastrophe. Elles se produisent généralement à la fin d’un cycle de pratique de gouvernement ou de " culture de gouvernement " et la clôturent par la débandade . Il y a des signes annonciateurs qui touchent l’homogénéité du Parti, l’accumulation de contradictions et la fuite en avant par l’abandon de principes et des références qui étaient celles des grandes périodes de progression. Sans complexes d’aucune sorte. Les complexes viennent introduisant des lignes toujours plus droitières.
La social-démocratie a connu des positions de force en Europe, qu’en est –il advenu ? Rien ! Le libéralisme a poursuivi sa marche forcée contre la volonté affichée des peuples de différents pays qui ont cru que la social-démocratie allait réellement infléchir ces politiques de droite. Non seulement celle-ci n’a pas agi dans le sens souhaité , elle a simplement accompagné les grands choix des milieux financiers et parfois même anticipés. Le résultat est là . Les partis sociaux-démocrates reculent partout, le SPD comme le New-labour ont perdu plus de la moitié de leurs adhérents. Le PSOE entame un recul constant, malgré l’élection surprise de Zapatero du à un rejet massif de la droite conduite alors par Aznar. En Italie il ne reste plus qu’un magmas , ventre mou centriste où l’on trouve pêle-mêle les résidus des grands Partis traditionnel
Les exemples ne manquent pas.
Cette deuxième gauche a perdu la mémoire de ses débuts, elle qui se voulait moralisatrice, sous la quatrième République, au temps de la guerre d’Algérie. A partir de 1975 elle apparaît comme étant la nouvelle gauche. Elle tend, trois décennies après à n’être plus que la nouvelle droite. Elle avait en ce temps là quelques alliés devenus célèbres, de droite, Domenach, Pauwels, Tesson, qui le sont encore un peu plus (de droite). Elle a de nos jours d’autres compagnons de route non moins célèbres. Ils avaient en commun une violente critique contre la politique de troisième force menée par la SFIO, pour des raisons aussi diverses que variées et tout aussi contradictoires. Ce qui est certain c’est que c’est cette politique qui a laminé la base du PS d’abord et son électorat ensuite.
Nous sommes déjà sous la cinquième République quand Gaston Deferre lance son idée de " Grande Fédération " ancrée au centre dans le cadre d’un mouvement social-démocrate, fédérant les forces centristes avec la gauche non communiste de l’époque. Il est par ailleurs candidat à l’élection présidentielle et clôturera ce cycle politique avec 5% des voix. Cela voulait-il dire qu’il fallait infléchir la ligne du Parti encore plus à droite ? Le PCF avec Duclos est à 21%. La gauche n’existe-t-elle plus ? Devant l’ampleur des dégâts, la raison va l’emporter !
Chaque fois dans l’histoire que les socialistes s’éloignent de leur champ politique originel, c’est le même constat, à l’exception prés. Un Parti de gauche " attrape tout "  finit par ne rien attraper du tout. La gauche et la droite n’ont pas la même vocation. Les exemples ne manquent pas et ils ne sont pas le fait d’une répétition mécanique, mais d’une constante politique et historique.
Dans une situation de déclin et pour ne pas disparaître, face à une droite présente et au gaullisme triomphant, la SFIO toujours sur une ligne social-démocrate constitue la FGDS avec la gauche non communiste. Souvent contre l’avis d’une partie de sa direction incarnée en l’occurrence par Guy Mollet. Le but premier de cette coalition est d’arriver au premier tour avant les candidats du PCF. Le parti Communiste est idéologiquement dominant à gauche. C’est au sein même de la FGDS que l’on mesure les limites d’une telle stratégie. C’est toute la gauche qui doit s’unir. C’est dans ce sens que la direction socialiste va œuvrer avec le concours du CERES (fondé par Guy Mollet) et l’ERIS de Jean Poperen. Mollet , lui, persistera dans la nécessité d’une clarification idéologique avec le PCF , comme tout préalable à l’Union. Malgré les affrontements passés entre socialistes et communistes et malgré les rancœurs, l’idée fait du chemin chez les uns comme chez les autres.
C’est au moment du dernier congrès fédéral qui se tiendra dans chaque département que l’on pourra mesurer l’état des forces. C’est aussi le premier constitutif de celui d’Epinay. Dans les Hautes-pyrénées par exemple, il ne reste que 49 adhérents. C’est la motion de Jean Poperen qui l’emporte très largement.
Le renouveau.
Lors du congrès D’Epinay, c’est François Mitterrand qui l’emporte avec l’aide du CERES et de Pierre Mauroy et à partir de la stratégie d’Union de la Gauche le PS retrouvera progressivement une base et un électorat populaire. C’est par un positionnement à gauche qu’il va poursuivre son développement et fédérer d’autres forces autour de lui, sur la base du " Front de Classe ". Viennent ensuite les " assises du socialisme " et avec l’arrivée de Rocard le débat est relancé sur la tentation " centriste ". Cette thèse est battue en brèche au congrès de Metz et la parution du projet socialiste, qui confirme et accentue la ligne de gauche, celle qui conduira à la victoire de 81.
Le retour des vieux démons.
L’abandon graduel des principes qui nous ont conduits à la victoire vont être illustrés par la culture de gouvernement et les luttes intestines vont suivre. Le navire tangue au gré des vents et des forces qui s’affrontent . Le Parti de " Changer la vie " se contente de " gérer la vie " . Le parti communiste recule, au point de n’être qu’une force d’appoint, jusqu’à ne plus l’être. Dans le même temps le PS ne récupère pas les pertes du PC. Le pouvoir pour le pouvoir, certains lorgnent vers l’UDF, qui présenterait à leurs yeux un réservoir dans le cadre d’un rapprochement et un partenaire futur. Pour cela il faut une remise en cause de ce que nous sommes. C’est le retour des vieux démons, avec les vielles pratiques et au bout , les mêmes défaites. Quand le peuple de gauche est en jachère , tout est possible même le pire.
Les dirigeants n’ont plus d’excuses.
Les dirigeants socialistes ne sont plus qu’une caste sourde, comme l’indique la récente étude de BVA. puisque la situation est parfaitement comprise par l’électeur moyen . Elle leur échappe pour des raisons obscures et certainement inavouables. Comment vouloir représenter un plat aussi faisandé que celui de la troisième force dont l’unique raison ( s’il y en a) était de se garder d’un PCF dominant et stalinien, alors que celui-ci n’est plus ce qu’il était et que les données politiques sont totalement différentes. Est-ce l’attrait " novateur " du blairisme en tant que"  progressisme " imaginaire, argument déjà avancé par ceux qui sont partis " à la soupe ". Nous , nous ne sommes pas complexés d’être de gauche et de rester socialistes. Nous savons que notre quotidien est dans la lutte, y compris quand vous privatisez nos entreprises et que vous faites des cadeaux aux riches, quand vous vous " foutez "  de la laïcité et que vous défendez une vision libérale de l’Europe et de la société. Le vote utile ne durera pas forcement autant que vos dérives. Nous, nous n’irons pas " A la Soupe ".
Faute de proposer et de mener la lutte de classes, ils nous offrent le spectacle de la lutte des castese
par marx publié dans : histoire et idées
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Mardi 29 mai 2007
"Les pensées de la classe dominante sont aussi, à toutes les époques, les pensées dominantes, autrement dit la classe qui est la puissance matérielle dominante de la société est aussi la puissance dominante spirituelle. La classe qui dispose des moyens de la production matérielle dispose, du même coup, des moyens de la production intellectuelle, si bien que, l'un dans l'autre, les pensées de ceux à qui sont refusés les moyens de production intellectuelle sont soumises du même coup à cette classe dominante. Les pensées dominantes ne sont pas autre chose que l'expression idéale des rapports matériels dominants, elles sont ces rapports matériels dominants saisis sous forme d'idées, donc l'expression des rapports qui font d'une classe la classe dominante; autrement dit, ce sont les idées de sa domination"

MARX

par marx publié dans : histoire et idées
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Mardi 29 mai 2007

   Kouchner quant à lui a non seulement trahi, mais il ne sera même pas payé en retour. On peut en effet sérieusement s'interroger sur ce qu'il reste du ministère des Affaires Etrangères après que Sarkozy l'ait, comme les médias, l'UMP, la police et l'ensemble des institutions, vérouillé.


  Tout d'abord, Nicolas Sarkozy a créé auprès de lui un Conseil national de sécurité qui, à l'instar du National security council américain (encore une fois, on peut constater d'où notre nouveau président tire son inspiration...), sera chargé de le conseiller sur la politique étrangère de la France. Ce Conseil, qui a été placé sous l'autorité de Jean-David Levitte, ancien ambassadeur à l'ONU et aux Etats-Unis, n'aura en définitive d'autre fonction que de permettre à l'Elysée d'avoir la mainmise sur ce fameux "domaine réservé" de la politique française.


   Ensuite, le ministre des Affaires Etrangères n'a même pas eu le choix de son directeur de cabinet puisque, comme le révèle Le Canard de cette semaine, celui-ci lui a été imposé par... Jean-David Levitte. Quel ministre est-on donc quand on ne peut même pas choisir son bras droit?


  Enfin, Kouchner s'est vu préciser  que toute nomination dans une ambassade ne pourra évidemment se faire sans l'accord préalable de l'Elysée.
Décidément, notre pauvre French doctor, dont le mérite n'était semble-t-il pas suffisamment reconnu à gauche, se voit traité avec bien peu de considération par ses nouveaux amis de droite.


  Il pourra toujours, une fois qu'il aura été débarqué du gouvernement "d'ouverture" après les législatives, ou qu'il se sera lui-même débarqué lorsqu'il ne pourra décemment plus assumer la solidarité gouvernementale avec ses collègues UMP et PSLE, repartir en mission en Birmanie vérifier que Total1 n'exploite toujours pas les travailleurs locaux...


1 En 2003, après seulement 2 jours passés sur place, Kouchner rendait un rapport lavant Total de tout soupçon de travail forcé en Birmanie. Ce lourd travail lui avait rapporté la modique rémunération de 25 000 € (soit presque aussi bien que le rapport de Xavière Tibéri sur la "phrankofonie"...), que le ministre avait reversés à des ONG après le tollé qu'avait suscité ce rapport.

 

par arnaud 31 publié dans : FRANCE
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Lundi 28 mai 2007
2012 : REND FOU
 
  2012 : aiguise déjà les appétits : on compte déjà sur le mécontentement futur que va créer la politique de démolition sociale de Sarko. On espère passer en 2012 pour l’homme providentiel avec une politique social-light : mais sur quelle étiquette démocrate, social-démocrate, socialiste ? Méfions nous que Sarko ne repasse pas en 2012, tant les dégâts idéologiques auront bien façonné les consciences de l’électorat ( Cf. La dissociété de Jacques Généreux).
  Lorsque on détient le pouvoir des médias, de la finance et politique, on ne peut plus espérer un sursaut populaire. Compte tenu du fait que sarko dans les 5 ans va tuer le mouvement social. Il lui faut un mouvement à écraser, comme en Grande Bretagne et aux USA . l’histoire n’est pas linéaire et ce pronostic catastrophe n’est jamais écrit dans du marbre, mais rien ne porte à l’optimisme en ce moment.
Quel avenir à Gauche ?
  Le congrès ne doit pas être avancé, car ces tripatouillages de date ne permettent pas de le   préparer dans de bonnes conditions. Aurons nous un affrontement Ségo DSK ou vont-ils s’entendre pour se déchirer dans 3 ans ? je leur propose déjà un nouveau nom pour leur motion " socialisme et canada-dry ", " pour une 3e voie à la française ",  "  révolution social-démocrate "  : ce dernier serait le plus probable et le plus hypocrite. A moins que Ségo et DSK s’affrontent déjà. Quelle place pour l'aile Gauche dans cette perspective ? A mes yeux l'aile gauche n'a aucune stratégie d'oragnisation interne, elle de bonnes idées de bins penseurs, des militants engagés, mais elle se fait battre à chaque fois par l'inconstance de ses stratégies. l'explosion de la GS ? de Nouveau Monde, de NPS, la synthèse générale du dernier congrès sont des exemples frappants.
  Aurons nous droit à un aggiornamento idéologique encore plus grand ? changerons nous de nom ? aurons nous une scission à terme ?
La recomposition passe par une entente à gauche, il n’est pas nécessaire d’un seul parti , mais d’un programme commun réalisé par toutes les force de gauche. Cette tactique a été payante à la gauche à chaque fois. Ce programme doit être le fruit de la participation de la base  et non des appareils.
par marx publié dans : parti socialiste
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Lundi 28 mai 2007
dans la rubrique le Téléphone rouge du nouvel observateur ( n°2220 du 24 au 30 mai 2007) ont peut lire la chose suivante : certains socialistes , parmi lesquels des Strauss-Kahniens, confient à voix basse qu'il vaudrait mieux que le PS n'ait que 80 députés en juin. "comme cela on devra remet tout remettre à plat et examiner sérieusement les causes de la défaite à la présidentielle. le vrai responsable c'est François hollande qui a refusé depuis 5 ans de parler politique" disent-ils.

Et bien parlons politique : Hollande nous le répétons à une part de responsabilité, mais elle est sans commune mesure par rapport à celle de tous les dirigeants qui ont suivi une ligne libérale. Elle sans commune mesure avec celle de ceux qui ont conduit la campagne électorale. Mention particulière à DSK qui à tiré à boulet rouge sur le PS, le soir de la défaite... sans parler de tout ceux qui dansaient autour de la  " victoire de Ségo ", alors que c’est notre 3e  plus lourde défaite aux présidentielles .

  certains semblent vouloir une lourde défaite de leur parti ?

 

 

par marx publié dans : parti socialiste
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