Ce n’est certes plus de mode, pourtant chacun y pense dès qu’une augmentation de salaire est annoncée et davantage encore quand celle ci est arrachée par des luttes sociales. C’est l’augmentation au pourcentage. Alors que dans le même temps, le mouvement social est presque unanime à dénoncer l’évolution de l’écart salarial et entre les salaires, la hausse de ces derniers est toujours exprimée en pourcentage. Cela a pour effet d’aggraver l’écart entre les salaires les plus bas et les plus élevés même quand il y a le " rattrapage " annuel du salaire minimum, ce " coup de pouce " qui n’est en fin qu’un geste caritatif. Le " cache sexe " de l’inégalité salariale. 1% de plus sur Mille euros , ce n’est pas 1% sur trois mille. L’un percevra trois fois plus que l’autre et un écart encore plus évident. A quoi sert donc le calcul du salaire moyen en dehors des statistiques ?
Une autre anomalie qui illustre parfaitement que nous ne sommes pas à égalité de droits et de devoirs. Un salarié licencié, ou qui simplement veut rentrer dans ses droits, doit traduire son employeur devant les Prud’hommes . L’employeur, lui , peut licencier directement, charge à l’employé d’entamer une procédure et de prouver que la démarche est abusive ou illégale et rarement une réintégration du salarié devient effective malgré l’illégalité de la décision patronale. L’employeur n’a nul besoin à priori de traduire le salarié, contrairement à ce dernier. Encore heureux que ces tribunaux du travail existent. Sans eux , le salarié est à la merci du bon vouloir. Comment se faire payer des Heures dues et comment faire respecter le code du travail ? Mais nous savons par expérience, qu’un salarié qui " ose " se défendre ne fait pas " long feu " dans son entreprise et cela malgré le droit. Evidemment la justice est une justice de classe, quelque soit la décision prise par les Prud’hommes et indépendamment d’eux, quant aux moyens d’appliquer la décision dans son intégrité.
Le nombre de contrôleurs et inspecteurs du travail est en baisse constante, comme pour signaler une " zone de non droit " et cela depuis une vingtaine d’années. La conclusion arrive logiquement avec la démolition du code du travail. Sans loi, il n’y a plus besoin d’agents de la loi.
Mais que font les syndicats ? Cette phrase ,nous l’avons tous entendue, surtout de la " bouche " de non syndiqués. La réponse a plus d’un siècle. " L’émancipation des Travailleurs sera l’œuvre des Travailleurs eux-mêmes ! ". Dès qu’ils en prirent conscience, ils bénéficièrent de tout ce qu’ils sont en train de perdre et dans le même temps ils laissent se dévaluer la seule chose qu’ils possèdent, leur marchandise " force de travail ". L’organisation syndicale est le dernier rempart contre la " barbarie marchande ", le dernier et le premier en ligne. C’est le meilleur instrument de classe, y compris contre les dérives politiques. Méritons-nous de bénéficier de l’héritage social légué par nos pères, qu’ils ont arraché dans des luttes bien plus dures et parfois dans d’atroces conditions. Que chacun se réapproprie ses instruments car il n’y a pas de salut individuel ni d’anomalies accidentelles.
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Socialiste de gauche 65
le socialisme proclame que la République politique doit aboutir à la
République sociale, c'est parce qu'il veut que la République soit affirmée dans l'atelier comme elle est affirmée ici, c'est parce qu'il veut que la nation soit souveraine dans l'ordre
économique pour briser les, privilèges du capitalisme oisif, comme elle est souveraine dans l'ordre politique, c'est pour cela que le socialisme sort du mouvement républicain. …
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