Un commentaire intéressant nous parvient et un
message qui l’est tout autant. Ces deux propos manichéen ont une forte connotation religieuse car nous ne nous proposons pas de trier les bons socialistes des mauvais et pas
plus le bien du mal . Nos convictions ne sont pas du domaine de l’irrationnel , elles sont parfaitement rationnelles, explicables et vérifiables matériellement.
Notre billet sur l’OPA ne se propose pas de faire un trie entre le bien et le
mal, le noir et le blanc immaculé. Etre socialiste, c’est être partisan d’une société socialiste et pour cela de lutter contre la société capitaliste , de rompre avec celle-ci et d’instaurer un
système différent par la suppression de la propriété privée des grands moyens de production et d’échange. Vouloir maintenir le système en place en refusant de modifier les rapports de
production et d’échange, c’est être partisan d’un tel système. Celui qui est pour le libéralisme économique est un libéral et il n’y a rien de péjoratif à cela.
Nous n’avons pas la prétention, ni d’inventer le socialisme, ni de créer autre
chose que nous désignerions comme étant le socialisme nouveau. Puisque nous n’avons rien inventé, nous nous référons à ceux qui l’ont crée et à ceux qui ont permis qu’il parvienne jusqu’à nous.
Il eut été difficile en 1848 de répondre à cette question mais plus de nos jours. Depuis trois grands courants, pour les plus importants, ont constitué l’épine dorsale du socialisme. Parfois
unis, tantôt séparés et parfois opposés, tous luttent pour la transformation sociale politique et économique et pour le dépassement du capitalisme, pudiquement baptisé libéralisme. Souvent
divergeants sur la méthode, ces différents courants sont unanimes sur la finalité de la société sans classes . Les héritiers de Blanqui avec Alemane et Vaillant, Courant ouvriériste, anti
cléricaux militants est le plus ancien, partisans de « l’action directe », sont issus du mouvement « libertaire ». Les républicains représentent le dernier courant de la fondation . Ils vont
évoluer vers le socialisme, composé de laïques militants avec Jean Jaurés, Aristide Briand, Viviani. Les marxistes sont les plus nombreux ,les mieux organisés et le POF est implanté dans
tous les départements, avec Jules Guesdes, Gabriel Deville, Paul Lafargue, gendre de Marx, Longuet petit-fils de Marx. Le Psor et le POF se partagent l’influence au sein de la CGT. Dans le reste
de l’Europe les partis socialistes et sociaux-démocrates sont essentiellement l’œuvre des marxistes et c’est ce dernier qui a fondé l’internationale socialiste.
Il n’y a pas de course du plus à gauche, si ce n’est , imaginée par
ceux qui souvent ont abandonné toute volonté de transformation de la société et qui veulent rompre avec la filiation historique du socialisme et de la social-démocratie. En Allemagne, Lassalle se
voulait plus radical que Marx et en France jules Guesdes finit plutôt mal alors que Jaurès a poursuivi une évolution vers les thèses les plus « marxiennes » jusqu’à son assassinat . Il
impose l’éthique politique et la morale socialiste prolongement naturel de la morale républicaine .
C’est naturellement qu’une Charte d’Unification est élaborée , c’est la
Déclaration de Principes, qui fixe la finalité du Parti Socialiste, Section Française de l’Internationale Ouvriére. C’est cette finalité qui fixe ce qu’est le socialisme et qui détermine
qui est Et qu ‘elle est la mission assignée au Parti. Un Parti peut se donner une toute autre mission mais elle n’est pas socialiste et cela existe pour d’autres organisations
politiques. Dès la fin des années 20 et plus particulièrement en France dans les années trente ils sont un certain nombre à remettre en cause cette finalité et se rallient à l’idéologie
dominante. Ils cessent d’être socialistes et cherchent à entraîner la majorité vers cette nouvelle voie. Ils sont désignés par le terme de « néos ». Les néos socialistes sont exclus du PS. Les
chefs de file sont Marcel Déat, Marquet et Renaudel. Leur premier acte interne fut de proposer une modification de la nature de la « Déclaration de Principes ». La Gauche révolutionnaire et
la Bataille socialiste sont les deux courants de l’aile gauche qui s’opposeront le plus résolument à « l’aile droite ». En 1934 ils sont exclus à l’issue d’un congrès national , lors
duquel Léon Blum était « horrifié » par les propos tenus par Marcel Déat.
Etre ou ne pas être a fait débat entre Blum et Herriot à la suite du
Congrès radical de Bordeaux au cour duquel les radicaux intègrent la « lutte des classes » dans leur résolution finale . Blum répond alors à Georges Suarez, journaliste. Les radicaux
ne remettent pas en cause les rapports de production, ni la propriété des grands moyens de production et d’échange . Le parti radical est pourtant un Parti de Gauche , il n’en est pas pour autant
socialiste, puisqu’il n’est pas un Parti de transformation. Léon Blum va bien plus loin dans sa réponse, à en faire pâlir plus d’un adhérent actuel de l’actuel PS.
Il y a au moins un parti politique à gauche qui
n’est pas socialiste, c’est le PRG et il est parfaitement honorable d’être radical et au moins autant de gauche et ancré à gauche que bon nombre d’adhérents du Parti socialiste. Si on inclus dans
ces considérations la notion de laïcité et ses principes auxquels la pluparts des radicaux sont certainement plus attachés que de prétendus socialistes, nous pouvons en situer hors de la sphère
de gauche. Mais voilà ! une maison fait « crédit » et pas l’autre.
En fait nous ne déterminons une aile Gauche que par
rapport à l’existence d’une aile droite qui remet en cause la finalité et non plus les moyens. Un Parti Socialiste a-t-il pour vocation de gérer et de maintenir le système capitaliste ou plutôt
de tenter de l’abolir . Etre ou ne pas être, tout dépend de la réponse.
Les socialistes ont toujours lutté pour la création et
le développement des caisses de retraites par répartition, de sécurité sociale et familiale, pour la socialisation des moyens de production et d’échange, pour la nationalisation des secteurs clés
de l’économie, pour le développement des services publics …etc..etc. Alors comment qualifier ceux qui privatisent. Sont-ils socialistes en faisant l’inverse ou en démolissant ce qui a été
construit par des socialistes. Ils vont écrire noir sur blanc qu’ils ne sont pas pour les uns et plus pour les autres, Socialistes, puisque ils vont déterminer une finalité qui n’est plus le
socialisme et maintenir le même vieux et archaïque système d’exploitation.
La pensée dominante et civilisatrice (péonasme) a orchestré par exemple la liquidation du profane et du sacré dans le but de renforcer un rapport à l'Autre manichéen et in fin exterminer l'émulation, la coopération pour faire perdurer la concurence et la compétition. Idem pour les valeurs défendues par le CIO. Celui-ci doit être apolitique et par conséquent est gouverné par des facsistes ou des lascars issus des rangs de l'Opus Dei, de la sciento ou du KKK. Le sport est avant tout la possibilité d'être bien dans son corps, ne pas être un imbécile musculaire de façon à utiliser sa pensée avec le souci de vivre avec l'Autre . Cet Autre évoqué par le poète aux semelles de vent. En 1936 le secrétaire d'Etat socialiste Léo LAGRANGE donne toutes ses lettres de noblesse aux mouvements d'éducation populaire qui oeuvreront dans la lignée des universités d'éducation populaire initiées par des socialistes et libertaires du XIXème. Ces femmes et ces hommes qui se battaient avec les sans voix ne se sont pas battus pour leur petit moi-même qui ne veut pas mourir mais pour abolir le CAPITALISME. Ils se sont associés avec leurs frères pour que ces derniers ne soient plus des sujets reproduisant ad vitam eternam la pensée dominante des saigneurs de guerre mais des citoyens soucieux de transformation sociale. Le socialisme est une étape pour tourner la page de l'exploitation des humains par des autres humains comme du vivant pour qu'écologie et politique ouvrent au XXIème siècle des perspectives où le vivre mieux l'emporteront sur le toujours plus. Pour cela les socialistes doivent inviter celles et ceux qui sont intoxiqué par la société du spectacle et de la consumation à rejoindre ceux qui au nom du libéralisme privatise le totalitarisme rouge et brun au nom du sacro saint marché.
"Il ne faut pas de tout pour faire un monde, il suffit d'y voir clai et de lutter". Albert CAMUS.
Denis Boutin.