Quatre colonnes fascistes. Où est donc la cinquième ? A la suite d’un de nos billets sur la cinquième colonne, tout un tas de commentaires attribuaient la fameuse «
cinquième colonne » à un tel ou un tel, sans jamais pour autant le démontrer. Elle est devenue un objet de fantasmes. Franco et Mola disposent de quatre colonnes pour encercler Madrid la
républicaine, un officier « franquiste » fait remarquer à son chef que cela est insuffisant et qu’il faudrait une colonne de plus, au moins, compte tenu de la résistance acharnée des républicains
« los madrilenos, de las bombas se rien, mamita mia ». Cette résistance acharnée est surtout le fait des anarchistes à « casa del campo » de la colonne « garibaldi » à « Guadalajarra » et des
socialistes à « Somosierra » avec la division motorisée. Le POUM contient héroïquement les assauts aux portes de Madrid avec un puissant bataillon de miliciens face aux divisions maures de Franco
. « mientras que los milicianos los moros no pasaran ». A l’intérieur de Madrid il y a le cinquième régiment républicain dirigé par les conseillers soviétiques envoyés par Staline trop occupé à
chasser les trotskystes et anarchistes et il ne monte pas en première ligne. Parmi eux le régiment du colonel « Casado » encercle le bataillon du POUM et l’oblige à déposer les armes, privant
ainsi la défense de Madrid de plusieurs dizaines de milliers de combattants. Des unités entières se replient pour venir en aide au POUM, notamment trois colonnes anarchistes. Mais le mal est
fait. Franco connaît parfaitement les dissensions au sein du camp républicain et connaissait parfaitement les conditions de reddition négociées du colonel Casado membre du « conseil national de
défense » pour les avoir reçues en personne et ensuite repoussées. Casado allait trahir et Franco avait identifié le cinquième régiment comme étant sa cinquième colonne. Il connaissait aussi le
conflit qui opposait le camp républicain et la guerre menée contre les forces révolutionnaires . Ce scénario allait se poursuivre à l’intérieur de Madrid C’est l’ennemi de l’intérieur du camp
adverse et non l’ennemi infiltré par le camp opposé. Cette période correspond à la tentative de coup d’Etat stalinien pour le contrôle total et la prise du pouvoir interne de la République. Ce
coup d’Etat sera condamné et l’action de Casado restera dans l’histoire comme un élément isolé et par ailleurs très discuté et discutable du « quinto regimiento ». Il ne faut pas y voir la cause
essentielle de la perte de Madrid ni de la guerre car tôt ou tard les franquistes aidés des nazis et des fascistes italiens disposaient des moyens en armes vivres , médicaments, munitions, ainsi
que d’une logistique et d’une aviation moderne, tout ce que ne possédait pas la République, pour l’emporter. « Le cinquième régiment devient la cinquième colonne ».
Par pierre
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Publié dans : histoire et idées
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