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socialiste de gauche 65

socialiste de gauche 65

"socialiste de gauche", n'est pas un site officiel ! Il rassemble des militants, de simples citoyens de divers horizons qui adhérent aux principes du socialisme. les textes publiés, n'engagent que leurs auteurs et non le PS ou tout autre parti.


Le balancier revient.

Publié par pierre sur 21 Mai 2008, 18:29pm

Catégories : #général


               
                                  Il est des périodes pendant lesquelles beaucoup pensent que tout est acquis une fois pour toutes. Il n’est donc plus besoin de changer l’ordre des choses. Une génération est partie à la conquête de l’avenir, la suivante s’installe dans l’état légué par les précédentes et devient conservatrice. Les situations acquises, faute de volonté de pousser au delà les conquêtes deviennes également conservatrices et les défenseurs de ce qui a été arraché deviennent au yeux des nouveaux, comme un repli et un « archaïsme ».
                               Nous sommes à une période charnière. L’idéologie dominante a gagné du terrain depuis une vingtaine d’années, tant que les effets de la politique néo libérale n’avaient que des conséquences collatérales. La droite accélère le rythme des contre réformes se croyant assurée de l’appui idéologique de sa « majorité silencieuse », forte de son score lors des dernières présidentielles. Les rapports de force sont mouvants et peuvent soudain basculer, selon les événements. Curieusement ceux qui proclament leur modernité et qui la font savoir pour mieux s’en persuader et afin que l’on la leur reconnaisse, font comme si chaque situation était définitive. Ils ont enterré le socialisme sans s’assurer s’il respirait encore et ont proclamé la fin de l’histoire. Dorénavant tout sera comme maintenant. Ils balisent là leurs limites, comme si l’histoire avait une fin alors même qu’ils n’en connaissent pas le début. Ils font comme si le monde et les sociétés n’existait que depuis l’avènement du capitalisme , et demain sera le même jour et de même pour les suivants. De plus ils sont ennuyeux, puisque il n’y a rien au delà de leur horizon, il n’y a rien, selon eux, pour les autres. Pour les comprendre mieux vaut être Freud que Marx et remplacer le débat politique par des thérapies de groupe. Cette critique formulée permet de se libérer et de réaffirmer que rien n’est définitif, pas même l’instant présent, il n’est que passager et à chaque instant qui s’écoule. Comment comprendre le monde en affirmant que tout est figé et que l’avenir n’est qu’un glacis et que le mouvement de l’histoire s’arrête au moment présent. Cela pourrait supposer qu’il n’a jamais changé, qu’il est devenu inerte, puisqu’il est à sa fin.
                               Il faudrait se résoudre à ce qui est, sans rien bouger, puisque telle est la volonté du »créateur » de ne rien toucher de son ouvrage originel puisqu’il est inchangé depuis sa création et que seule sa volonté en modifiera le cours. C’est vrai dès lors que l’homme rempli le vide de son ignorance par la bêtise.
                             Pourtant il y eut un mois de mai en 68 et l’histoire en a connu d’autres mois de mai, freins ou accélérateurs de l’histoire, selon sa condition. Des échecs et des réussites jalonnent le cours de la vie et de celle des sociétés passées et elles sont passées, remplacées par d’autres, issues des précédentes.
                             Ce qui est en train de se produire est particulièrement intéressant, de nouvelles générations apparaissent dans le mouvement social et ainsi que de nouveaux visages  également ,dans les cortèges ,de ceux peu habitués aux manifestations. Les défilés sont plus longs, plus fournis et plus déterminés et le discours se radicalise. Les initiatives se multiplient , pour le rassemblement d’une gauche de gauche et dans presque tous les départements, sans pour autant que cela soit concerté, sans « mot d’ordre » et en dehors des appareils traditionnels. Des militants ne sont plus aux ordres ni à la consigne de leurs organisations respectives. Ils sont parmi les plus aguerris et les plus actifs. D’autres voies sont recherchées en dehors de directions discréditées et « guignolesque » comme celle du PS.
                         Ils sont de plus en plus nombreux à « battre le pavé » à se réunir ,à distribuer des « tracts » à eux, indépendamment  de leurs organisations. Le balancier politique et idéologique revient à gauche pendant que la direction aveugle du PS regarde le train passer en se persuadant qu’il ne s’agit là que d’un char à bœufs tiré par quelques bicyclettes de nostalgiques du siècle passé. Cette direction se surestime certainement et sous estime tout ce qui est hors d’elle. Il y a quelque part une forme de mépris pour les initiatives qui lui échappent.
                      Les idées sont mouvantes et leur évolution n’est pas linéaire. Pendant que certains sociaux libéraux affirment que le libéralisme a définitivement gagné la guerre et se ranger du côté du « gagnant » tout en négociant les formes d’application de sa politique, d’autres , toujours plus nombreux, pensent que l’avenir n’est pas achevé. « Le libéralisme a certes gagné bien des batailles mais il n’a pas gagné la guerre ». L’histoire n’a pas sifflé la fin la fin du conflit. Les générations se suivent et celles à venir n’ont pas encore mandaté les présentes pour décider du cours  du futur.
                   L’air du temps change, pressé par les événements et la « météo » sociale n’est plus au compromis. Les « appareils » ont un  « temps de retard », paralysés par des combats de castes et ils ne sont plus en mesure d’appréhender l’avenir, ni en capacité politique de prévenir. Un décalage s’opère entre les directions et une parti de la base la plus consciente et la manière dont est perçue la politique néo libérale et néo  conservatrice de la droite au pouvoir. A la radicalisation du mouvement social, les Partis de la gauche traditionnelle ne répondent que dans la forme et faute de proposer la « rupture », ils restent dans la continuité du système. Ils ne proposent même plus de l’aménager mais de le maintenir avec une « approche » prétendument différente. Le « balancier idéologique » revient à gauche, naturellement, par réaction aux excès de la droite et se traduit en premier par la « radicalisation » et induit ensuite une prise de conscience politique possible. Cette radicalisation visible est repoussée d’un revers de manche par la majorité de la direction du PS en la définissant comme l’œuvre de « gauchistes », agités et de minorités sans avenir. Sous estimer et mépriser, tel semble être la méthode d’analyse utilisée par un PS qui n’a que des certitudes sur son avenir présidentiel, la preuve, il n’y a que des présidentiables à sa tête et ses débats actuels paraissent bien éloignés des préoccupations du mouvement social. Pire, il n’en est plus et sa direction n’est plus audible. La « cacophonie » de ses « caciques »  sert de discours politique dans la course à « l’échalote » et concours à la crise de direction que connaît la gauche.
                                 1936, 1945 et 1968, trois grandes dates ou le mouvement social a imposé ses choix à des directions en retrait. 1981 , le choix de la rupture et une parfaite osmose avec « le peuple de gauche » permet la victoire de l’Union de la Gauche conduite par François Mitterrand. D’ici 2012, tout permet de penser à un retour du balancier encore plus important et massif, malgré l’attitude impassible et déconnectée de la direction du PS. Les initiatives sont prises en dehors des Partis et les militants syndicaux s’investissent comme jamais depuis l’avant 81 et plus particulièrement issus de la CGT, de la CGT-FO, de la FSU, mais également de l’UNSA et de SUD. Il n’y a pas un « pôle de radicalité » mais un mouvement qui se dessine dans tous les départements, impliquant des militants de toutes les organisations de gauche. Ils sont certainement les plus actifs de leurs organisations respectives et les mieux préparés politiquement et au risque de rencontrer leurs directions sur leur chemin. Ce n’est pas un effet marginal, gare à ceux qui  sous estimeraient  le retour du balancier.
                               

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