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Vendredi 18 juillet 2008
                     
                                 Comme Madame Soleil, ils ont prévu le retour du religieux pour le XXIeme siècle, notamment en Europe, qui selon la tendance actuelle s’avère une erreur. Vrai ou intox . Par contre, c’est une offensive sans précèdent de l’église catholique depuis près d’un siècle qui est parfaitement visible, hormis la période du pétainisme et de l’occupation . Cette offensive est fortement relayée par les institutions européennes et l'ensemble des médias qui tentent de l’imposer à la société civile comme une évidence, un fait réel. La démarche est similaire dans les différents pays de l’Union de la part des institutions politiques et économiques. Le néo libéralisme et les milieux du néo conservatisme américains en ont été les précurseurs de cette pression idéologique.  Reimposer une nouvelle norme idéologique  justifiant les  rapports sociaux pour mieux les enfermer dans un cadre politique néo conservateur . Instaurer des rapports individuels et les opposer aux intérêts collectifs (de classe) afin d’atomiser la société en particules isolées  concurrentes et antagonistes. La primauté à la personne devient la négation de l’intérêt collectif et sacralise l’intérêt individuel en exacerbant les égoïsmes. Jaurès dénonçait les facteurs de guerre que sont les mises en concurrences des continents, des pays, des régions , des villes et des hommes et les socialistes du début du siècle dénonçaient les religions comme autant de vecteurs  idéologiques d’aliénation et de soumission. Les religions deviennent des éléments indispensables au capitalisme afin d’établir son nouveau concept social et juridique fondé sur le communautarisme.
                                        La pression exercée par les religions auprès des institutions publiques  largement relayée par les médias qui ne citent les différents hiérarques religieux qu’en tant que représentants de telle ou telle communauté, alors que ses dernières n’ont aucune existence juridique sur le territoire français. On fait comme  si  et en dépit de la loi. La loi de 1905 de séparation des Eglises et de l’Etat est régulièrement violée au nom des différents qualificatifs à la laïcité : moderne, ouverte, tolérante , qui signifient en réalité autant de concessions et d’abandons aux religions et de reculs des principes qui l’ont fondée. De plus, « il y a le feu au lac » depuis plusieurs décennies avec la crise des vocations et plus récemment la concurrence de l’islam en Europe. L’Eglise catholique connait une forte désaffection chez ses « fidèles » qui deviennent de  moins en moins nombreux et le denier du culte n’est plus ce qu’il était. Le nombre de mariages religieux et les baptêmes est en chute libre, l’athéisme est majoritaire chez les jeunes de 18 à 34 ans. L’union libre se développe chez les jeunes couples et le « concubinage » est en forte progression chez les couples plus âgés et on ne se promet plus  pour la vie. L’homosexualité apparaît de moins en moins comme une perversion et les revendications se font au grand jour (mariage et adoption). La contraception est parfaitement reconnue et massivement pratiquée et la sexualité est libérée. Le rôle de la femme dans la société  n’est plus celui l’ordre traditionnel du schémas religieux familial. Le droit à l’avortement reste une revendication importante des femmes dans les pays ou celui ci est encore interdit .Les revendications sociétales sont plus nombreuses et se font plus pressantes contre l’avis des différentes hiérarchies religieuses. Les obsèques civiles sont en progression  malgré les pressions familiales, qui en la matière ne respectent pas toujours la volonté du défunt. Le pourcentage de la population « croyante » est en net recul, y compris chez ceux qui s’affirment catholiques par tradition. Bref, moins il y en a, plus on en parle en laissant croire l’inverse afin de permettre un retour du religieux dans la vie publique et dans les décisions politiques. Le tout suppose une vérité absolue et donc indiscutable, qui ne laisse aucune place au doute et à l’esprit critique ; Dieu existe ! et au nom de quoi la croyance n’est pas du domaine privé et la certitude s’impose à tous donc à la société  à son fonctionnement et à ses choix à venir. Les choix présents et à venir, voilà la cible. L’idéologie de tous les despotismes, des rois et des monarques , des interdits et de toutes les oppressions pour le plus grand nombre veut reprendre du service auprès des maîtres de l’argent et s’imposer comme le directeur des consciences et de la servilité. Une démocratie à l’image des religions, les pouvoirs en rêvent.
                                    Le néo libéralisme s’accommode mal de la démocratie politique, fut-elle bourgeoise, héritée des lumières et de la Révolution , il s’attaque donc à la République en utilisant sa vieille adversaire qu’est la religion . L’économie doit guider les décisions politiques dictées par le profit et la démocratie politique doit s’inscrire et rester dans ce cadre hors duquel il n’y a plus de salut pour le système en place, institutionnalisé par le TCE et le traité de Lisbonne . Liquider l’héritage des « lumières », de la révolution et du socle républicain pour mieux liquider les idées qui sous tendent sa morale et replacer la morale religieuse comme référence idéologique mieux adaptée aux conditions du servage « moderne » et des nouvelles conditions de l’exploitation capitaliste. On ne se révolte pas contre l’ordre établi et « Rerum Novarum » répond au fatalisme avec le corporatisme meilleur rempart contre le syndicalisme et qui conforte la notion de l’inégalité naturelle. Tous les pouvoirs autoritaires et toutes les dictatures ont utilisé cela et ont appliqué la politique sociale de l’église : Primo de Rivera et Franco en Espagne, Mussolini en Italie, les nazis en Allemagne , Pinochet au Chili et le pétainisme en France . Il en va de même avec l’autoritarisme néo libéral et la dictature de l’argent et des profits.
                                Nous sommes en Europe où la domination des religions et leur volonté à s’immiscer dans la sphère publique est de plus en plus contesté par une part toujours plus grande de l’opinion. L’anti cléricalisme n’est que le produit des excès du cléricalisme et ce dernier jalonne l’histoire des religions.
Par pierre - Publié dans : général - Communauté : Les socialistes de gauche
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