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socialiste de gauche 65

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"socialiste de gauche", n'est pas un site officiel ! Il rassemble des militants, de simples citoyens de divers horizons qui adhérent aux principes du socialisme. les textes publiés, n'engagent que leurs auteurs et non le PS ou tout autre parti.


Les gages au capital.

Publié par pierre sur 10 Septembre 2008, 09:48am

Catégories : #histoire et idées

               
                                    Depuis au moins le congrès de Rennes, à chaque congrès suivant la direction du PS s'efforce de donner des gages au capitalisme , de bons gestionnaires, loyaux et compétents. Il est difficile d'innover dans de telles conditions et de proposer des mesures autres que celles qui permettent la survie du système en place et en assurant la croissance constante des dividendes des milieux financiers. Les « mesurettes » d'ordre technique baptisées pour la circonstance « réformes politiques ou économiques », rien que ça, ne modifient en rien l'ordre des choses, fut-il juste en gérant un système injuste dont le pouvoir est détenu par les maîtres de l'argent. Le pouvoir est illusoire pour qui refuse sa conquête, puisqu'il est détenu par d'autres. La direction du PS ne se propose en fait  que comme gestionnaire au service de ceux qui détiennent le pouvoir réel. Pour que sa crédibilité soit totale auprès de la classe dominante, il lui faut pour cela peser sur le mouvement social afin que ce dernier « avale » un certain nombre de mesures et de contre réformes telles que celles prises par la droite et contre lesquelles le PS est resté muet ou parfaitement divisé. Or ce Parti n'a plus de poids au sein du mouvement social excepté auprès de la direction de la CFDT qui lui dispute « au plus libéral » et n'offre donc pas de garanties suffisantes pour accélérer le processus engagé par Sarkozy.  C'est bien dans le cadre de ce processus que s'inscrit désormais le néo libéralisme et la question n'est plus pour le système de sa sauvegarde ou de son maintient par le compromis mais l'accélération de sa mutation impérialiste, jusqu'au stade suprême. Envisage-t-il simplement  d'être le concurrent de l'UMP sur la liste à l'emploi de gestionnaire en proclamant son CV du haut d'une tribune  acclamé par un parterre d'élus devant avec à l'arrière ceux qui aspirent à la devenir. Les premiers prétendant représenter le peuple par délégation et le sérieux de la gestion publique , les autres qui faute de grands desseins n'ont plus que des devenir personnels, du moins le croient-ils.  L'aile gauche divisée de congrès en conventions , rage et enrage dans un Parti au ventre mou et aux muscles qui fondent.
                                    Léon Blum avait eu le mérite de poser la question entre l'exercice du pouvoir et la conquête du pouvoir . Deux notions  que l'on peut ou pas partager mais qui sont au cœur de la problématique, sauf que Blum la pose en termes de classe dans le cadre de circonstances précises et selon des conditions qu'il a certainement minorées en sous estimant la combativité ouvrière et sa mobilisation. La direction du PS ignore même l'existence de la classe ouvrière puisqu'elle aurait perdu sa conscience et affiche un certain mépris pour le peuple, contrairement à Blum. La direction du PS ne s'inscrit plus dans la grande tradition socialiste, pas plus révolutionnaire que réformiste, il a rompu. Pas plus que dans le mouvement social malgré la présence constante de son aile gauche. Sous prétexte de réformisme, toujours la même direction s'oppose aux « révolutionnaires » comme pour bien affirmer qu'il ne faut surtout ne rien changer. Ils inventent le « réformisme moderne » pour mieux se démarquer du réformisme et abonder vers la contre réforme de droite, celle du système en place. Enfin ils s'inventent entre eux un « pseudo débat » entre réforme et révolution en utilisant les arguments des plus virulents des anti socialistes de la fin du dix-neuvième et du début du vingtième siècle. Le Comte Albert De Mun eut été à son affaire face à Jaurès ou à Guesde et Lysis ne fit pas mieux dans  « Vers la Démocratie nouvelle » paru en 1917 aux éditions Payot et Compagnie. Les vieux épouvantails ressortent et leur fantôme également avec Bernstein en évitant soigneusement le révisionnisme des néos. Bernstein est cité parfois en référence par quelques uns qui le connaissent et quelques autres qui en ont entendu parler, c'est le microcosme « socialiste » à tel point que les militants de la gauche , formés et rompus au débat politique semble aux yeux de la majorité , venus d'une autre planète. Un Parti prêt pour la dérive et qui s'éloigne de la côte gauche  dont les capitaines ont quelques scrupules d'annoncer leur « mouillage » sur la côte droite. Les mutins seront-ils assez forts et unis pour changer de cap et de gages ?

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Kainto 14/09/2008 19:17

Bonjour,Une fois de plus un article qui résume parfaitement la situation et apporte des questions de fond plus que de personnes.Comme cet espace est un lieu d'échange je continue d'apporter mes réactions même si je mesure le chemin à parcourir pour exprimer ce qui m'anime réelleement dans ces échanges.Je crois en effet que notre Parti s'est embourgeoisé par petites touches successives jusqu'à devenir fat. Les élus qui ont progressé au sein de ce lent processus ont pris de plus en plus de temps à travailler sur les chausses trappes pour ne pas perdre leur part de pouvoir qu'à prendre les risques souvent nécessaires d'une auto-critique salutaire ou d'une impopularité quelque fois nécessaire pour les véritables avancées.Alors comment faire désormais ? A l'aube de notre congrès dont tout le monde reconnait l'importance historique comment reconnaitre ceux qui adoptent une posture pour l'instant et ceux qui s'engagent dans une démarche sincère ?Aller jusqu'au bout de ses idées bien sûr mais quant ces idées dérangent et que l'on cherche à vous écarter à tout prix quelle sera la force de cette parole marginalisée ? Beaucoup de questionsdont la réponse passe par ce travail d'unité à réaliser. Peut être aurons nous l'occasion d'en discuter à Lannemezan lors de notre fête de la Rose.Kainto

Stéphane 10/09/2008 14:36

Le PS a probablement atteint un point de non-retour. Que ce soit dans le PS ou en dehors de lui se pose la question de la survie et de la transmission d'un corpus d'idées et d'un patrimoine à sauvegarder.

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