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socialiste de gauche 65

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"socialiste de gauche", n'est pas un site officiel ! Il rassemble des militants, de simples citoyens de divers horizons qui adhérent aux principes du socialisme. les textes publiés, n'engagent que leurs auteurs et non le PS ou tout autre parti.


C'est quoi les néos.

Publié par pierre sur 24 Novembre 2008, 21:05pm

Catégories : #histoire et idées

                                  
                                     Depuis le début de notre existence nous avons qualifié quelques secteurs du PS de néos. Ce terme est fréquemment repris et utilisé depuis par bon nombre de « socialistes » y compris par quelques uns de ceux qui en sont pour stigmatiser ceux qui le sont un peu plus. Même Jospin l'utilise.
                                  Le terme n'est pas péjoratif, au début. Les nouveaux « socialistes » tels qu'ils se définissent dès les des années trente et les premières répercussions de la crise de 29, c'est plutôt flatteur, le pensent-ils, relayés par la presse de droite et les médias de l'époque. Pour eux, le socialisme c'est fini et ils exigent une nouvelle définition de celui ci débarrassé de toute référence marxiste. Le Parti doit être celui de tous et non pas celui d'une classe sociale, dans une communauté d'intérêts « patron- ouvrier » pour le bien de la nation. C'est à leurs yeux le seul moyen de surmonter la crise, par l'effort de « tous » et dans l'ordre. L'ordre est la première nécessité (discours de Déat au congrès de 33) face à Blum « horrifié ». La société n'est pas transformable, il suffit de l'aménager, dans l'ordre juste et la justice ne peut être que  le produit de l'ordre et par celui ci. Telle est en substance la position de Déat. Ils veulent la fin du vieux Parti et des « vieilles lunes » et une organisation représentative de toute la société en phase avec les idées de son temps. Ils combattent la notion de Parti de la classe ouvrière et révolutionnaire, Plus tard ils se rallient à la notion de « révolution nationale » par opposition à la révolution prolétarienne.
                               Ils rejoignent l'idéologie dominante, celle de leur époque et abandonnent le concept de rupture avec le système et de transformation sociale. Minoritaires ils sont exclus de la SFIO sur le champ, à l'issue du congrès. Il y a donc un petit parti « socialiste » à côté d'un tout aussi petit parti « socialiste ». Le Parti « socialiste indépendant » et le Parti « socialiste français » marqués à droite de l'échiquier politique et à l'extrème droite ensuite. Ces deux organisations sont issues de scissions de la SFIO et l'une plus particulièrement du refus de l'unité de 1905 et partisans de la participation aux cabinets « bourgeois ». Les deux sont le produit de la dérive politique et ne tarderont pas à se retrouver.
                          Les néos c'est d'abord cela, l'abandon des principes socialistes et le ralliement à l'idéologie dominante et à l'acceptation des rapports de production du capitalisme. Plus de classes sociales,  la nation sacralisée en communauté d'intérêts et bien sur pas de révolution sociale. La politique économique est dissociée de la politique sociale ramenée à la notion « caritative ». Le fascisme dispose de la réponse sociale au travers du syndicalisme « vertical » et du corporatisme qu'il oppose également au syndicalisme de classe par la collaboration de classe et « Rerum Novarum ». La doctrine sociale de l'église devient la politique sociale du fascisme, appliquée par Mussolini en Italie et plus tard par Franco et le national catholicisme en Espagne. Le néo conservatisme actuel n'a rien inventé et c'est exactement ce qui sera reproduit au Chili de Pinochet sur les conseils de « l'école de Chicago ».
                                Des  « socialistes actuels » ont abandonné les principes socialistes, si toutefois ils les ont partagés et ont décrété le capitalisme comme horizon indépassable en rejoignant l'idéologie dominante de leur époque, la notre. Or nous connaissons ce que fut l'évolution des néos mais nous ne savons pas encore ou va nous mener le néo libéralisme. Les néos d'aujourd'hui n'ont-ils pas nié toute possibilité de crise à venir du capitalisme au même titre que ceux d'hier pour les conséquences de celle de 29. Enfin le contenu politique et idéologique est le même quant à la question sociale, Rerum Novarum, ce à quoi tous les observateurs s'accordent. Sur la plan économique, c'est la non remise en cause du système capitaliste et simplement son accompagnement. On dissocie la politique sociale de la politique économique et bien sur on ne reviens pas sur les contre-réformes de la droite. Ils ont également en commun de vouloir réinventer pour mieux masquer leurs trahisons et la rupture avec ce qui fonde le socialisme. On ne réinvente pas l'idéologie dominante, ils la suivent.
                              Il ne peut y avoir de nos jours de lien entre nos néos et le fascisme, celui ci est le produit d'une époque. Aujourd'hui, l'idéologie dominante est celle du néo libéralisme et du néo conservatisme, tout ce qui tend à le justifier et à le maintenir comme système en est complice et parti intégrante. Ce système est une menace pour la démocratie qui est en recul partout où il sévit et la crise renforce  son exploitation et l'autoritarisme qui va avec. Les néos empruntent toujours les mêmes chemins qui mènent aux catastrophes. A la lumière de l'histoire et de ses drames « néo » est devenu péjoratif.

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