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socialiste de gauche 65

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"socialiste de gauche", n'est pas un site officiel ! Il rassemble des militants, de simples citoyens de divers horizons qui adhérent aux principes du socialisme. les textes publiés, n'engagent que leurs auteurs et non le PS ou tout autre parti.


Les strates sociales.

Publié par pierre sur 14 Février 2009, 14:25pm

Catégories : #histoire et idées

                           
                          Il nous  paraît  intéressant de revenir sur les « couches moyennes » et sur ce que ce terme recouvre . Les couches sociales sont souvent présentées comme des strates qui se superposent et donnent l'impression d'une société inerte, figée de bas en haut. Or la société est un corps vivant et dynamique au sein de laquelle rien n'est définitif. C'est un « corps » en mouvement permanent. Les termes de couches moyennes et classes moyennes ignorent les modes de production et chacun a une définition très différente et souvent contradictoire de ce quelles sont réellement. Le revenu des une et des autres est souvent avancé pour le justifier mais personne ne s 'accorde sur des chiffres, qui peuvent  être multiples et multipliés selon les circonstances et l'interlocuteur. Ce n'est donc pas un élément de mesure.


                      Les premiers économistes bourgeois qui avaient déterminé que la société était divisée en classes sociales et antagonistes puisqu'elles étaient déterminées en fonction d'intérêts opposés, en ont déduit que la lutte des classes en est le produit. Au 19eme siècle après les théories de Marx, à qui ne revient pas le mérite de cette découverte mais celle de l'évolution possible de la lutte des classes par la prise du pouvoir de la classe exploitée et majoritaire sociologiquement. Les économistes bourgeois considéraient eux la société comme achevée, c'est la vieille formule de la fin de l'histoire.  Ces derniers considéraient que le prolétariat est mineur  et qu'il resterait minoritaire dans une société dominée par la petite et moyenne bourgeoisie, propriétaire de ses propres moyens de production et par la cohorte des producteurs directs. Pour eux ces petits propriétaire représentent une garantie contre la concentration   et leur résistance ne fait aucun doute pour conserver leur outil de travail et de production.  Ce schéma de la droite est courant en France dominée encore par la société rurale mais déjà très différent en Allemagne et en Angleterre. La montée du socialisme et de ses organisations témoigne de la vivacité nouvelle du salariat et de son développement comme classe sociale au terme duquel le rapport de force évolue rapidement. Or ce qui fonde le socialisme c'est précisément la lutte des classes par laquelle la société doit être transformée en société sans classes. Si il n'y a plus de classes, la lutte qu'elles se mènent n'a plus lieu d'être selon la bourgeoisie et le capitalisme reste le système définitif et permet à celle ci de poursuivre sa domination. C'est une vision un peu courte certes mais c'est le pivot de la lutte idéologique qu'elle va mener, avec en premier la notion d'intérêt national dans une « communauté d'intérêts », la communauté nationale dans laquelle on retrouve indistinctement exploiteurs exploités, que l'on oppose également à l'internationalisme prolétarien.


                                   Les mots ont un sens et véhiculent les idées et flatter est le meilleur moyen de les faire accepter. La reconnaissance sociale est un ressort extraordinaire et bien on va lui en donner au peuple de la reconnaissance sociale, par les mots, en lui donnant l'impression d'exister et de compter, personne n'est sur le dernier barreau de « l'échelle sociale », sauf le chômeur, le métèque et tous ceux qui se veulent différents ou sont perçus comme tels. Le fascisme a cultivé à l'extrême ces notions en devenant le dernier rempart de la bourgeoisie avec la nation et sa communauté d'intérêts par l'exaltation du peuple et de l'ordre entre autre. Les corporations remplacent les syndicats de classe et la hiérarchie des fonctions remplace la condition. La conscience remplace l'être et le subjectif la condition. On peut remarquer par ailleurs quand l'on demande à un richissime combien il gagne, d'avoir quelques scrupules à le dire et généralement il minore ses revenus en faisant état des « lourdes charges » qui pèsent sur lui. A l'inverse , celui qui gagne peu et selon les circonstances aura tendance à majorer les siens, sauf quand « rebelle il montre les dents » pour justifier sa colère.


                              La classe ouvrière n'existe plus puisqu'il qu'il n'y a plus de conscience de classe. La condition objective de prolétaire, de salarié, n'a pas besoin de conscience pour exister. Nier les rapports issus du rapport de production, c'est nier la subordination de l'un sur les autres et ramener l'exploitation à une fonction sociale naturelle et extérieure à la vie citoyenne, telle qu'elle est conçue dans la « démocratie bourgeoise ».

                           Pour en rajouter  et donner aux salariés l'impression de compter et de les dresser du même coup contre les plus pauvres, ceux qui ont des « aides », ils sont les classes moyennes et non pas populaires. Les couches populaires sont au dessous du smic ou bénéficient du RMI, de l'allocation chômage et de la CMU. C'est le dernier barreau de l'échelle sociale et l'ouvrier partagerait  ainsi les échelons supérieurs dans une communauté d'intérêts avec les franges de la petite et moyenne bourgeoisie et son patron qui croule sous les charges.


                        Tous les salariés n'ont pas conscience de leur condition, il en a toujours été ainsi, même au 19ème siècle. C'est le rôle des partis de gauche et des syndicats que d'aider à la prise de conscience. Si cette dernière devait être automatique ,il y a longtemps que le capitalisme serait enterré. C'est le combat idéologique et à ne pas le mener, la gauche recule.

                      Il est évident que certaines  salariés, liées à la décision patronale, les cadres notamment et plus particulièrement la catégorie des « gardes chiournes » tels qu'ils sont désignés dans les entreprises par les autres salariés, qui sont confrontés aux impératifs patronaux  et à la résistance ouvrière se retrouvent en face. Cela a toujours été et ce n'est pas un phénomène nouveau, déterminé par la place et position occupée dans le rapport de production . Or longtemps à gauche certains ont voulu définir la notion d'ouvrier et de prolétaire et de classe ouvrière qu'au travers de la production et de celui qui est directement lié à la production sans le considérer globalement et socialement. Une classe sociale ce n'est pas une addition d'individus privés pris individuellement, le rapport de production est global. C'est une classe sociale qui détient les moyens de production et d'échange indépendamment de l'individu qui peut être bon, méchant , intéressant ou pas  et indépendamment de ses propres qualités ou défauts . C'est la classe ouvrière dans son ensemble qui produit les richesses et qui loue ou vend sa force de travail individuelle  aux détenteurs des moyens de production. Le salarié vend sa force de travail individuelle et son activité concours à la production collective. Il tire de sa marchandise force de travail , de quoi vivre.


                     Couches moyennes et classes moyennes n'étaient en somme que ceux que l'on ne pouvait classer comme prolétaires ni comme bourgeois parce qu'ils ne vendaient pas leur force de travail à un détenteur des moyens de production et ou d'échange et qu'ils possédaient leur propre moyen de production. C'est la petite bourgeoisie.  Cette « classe sociale » était dominante  dans une France rurale et agraire. Agriculteurs, commerçants, artisans , petits métiers et l'ensemble des professions libérales. Le capitalisme moderne tend à prolétariser ses couches soumises à l'exploitation des banques et de la sous-traitance et elles perdent de plus en plus de l'indépendance donc elles bénéficiaient naguère.

                                 Lorsque vous vous promenez, en voiture par exemple, sur la route comme dans la ville plus particulièrement, tout ce que vous voyez autour de vous, dessus et dessous , de bas en haut, en dehors du ciel, tout est le produit du travail de salariés, sinon vous seriez tout nu au milieu du désert et à pied ou dans la forêt primaire. C'est l'espace urbain.

                                La notion de revenu est importante ,de savoir d'où on le tire et comment l'est tout autant. Salaire ou profit. Un petit agriculteur, un commerçant ou un artisan, indépendamment de leur patrimoine « outil de travail » peut gagner moins qu'un salarié et moins que le SMIC. Un médecin peut gagner plusieurs fois ce que gagne un de ses collègues et les cadres subissent les « aléas » du marché du travail, comme tout autre salarié et tous subissent la loi du capital . Alors déterminer les classes sociales en fonction des salaires ou des revenus en effaçant les rapports  d'intérêts, c'est nier les antagonismes de classe et l'existence même  de ces classes. Telle était la conception des syndicats « jaunes » inspirée de la doctrine sociale de l'église entre autre et du corollaire corporatif de sinistre mémoire. Le néo conservatisme est dans cette logique. La communauté d'intérêts est d'une part celle du salaire face à une autre communauté d'intérêts qu'est le profit réalisé sur le dos de ceux qui créent les richesses. Il n'est pas besoin de prendre la machine à calculer pour déterminer à l'euro près les classes sociales en France afin de toucher la subjectivité de chacun en dehors de sa condition réelle.

                           Il n'est pas besoin de compliquer en expliquant que les rapports sociaux sont devenus complexes. Un qualificatif expédié n'a jamais été un argument, le rapport capital -travail traduit qui est qui et il n'est pas forcément ni simple ni simpliste mais détermine la fracture sociale et la ligne de partage des classes et la nature des intérêts des uns et des autres et les uns contre les autres. Une classe ce n'est pas un bloc étanche, figé, c'est une communauté d'intérêts indépendamment de la conscience que l'on peut avoir.

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