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socialiste de gauche 65

socialiste de gauche 65

"socialiste de gauche", n'est pas un site officiel ! Il rassemble des militants, de simples citoyens de divers horizons qui adhérent aux principes du socialisme. les textes publiés, n'engagent que leurs auteurs et non le PS ou tout autre parti.


Le patronat mène une guerre sociale.

Publié par pierre sur 26 Mai 2009, 18:08pm

Catégories : #FRANCE

                         
                             Les périodes de crise sont des moments fastes pour le patronat. Son action consiste à faire payer sa crise par les salariés et à faire rebondir les profits. Les travailleurs répliquent en 1936 par la grève générale et l'occupation des usines. Il est vrai, qu'il suffisait de l'appel à la grève de CGT, dans un contexte de très grande combativité  des salariés et d'un niveau de conscience politique et social élevé.
                          Nous sommes dans une situation de crise et la réponse du mouvement social est larvé et dure dans le temps. Cette stratégie a toujours montré ses limites car le temps joue en faveur du système en place et de ses institutions. Le rapport des forces n'intervient que dans le cadre de la grève générale et la paralysie totale de l'économie. Ce n'est que dans ce cadre que la bourgeoisie négocie et plie . Les conditions actuelles ne sont pas celles de 68 sur bien des points . Aujourd'hui, malgré les apparences, les clivages syndicaux sont plus importants. Deux grandes lignes se dessinent , stratégiquement opposées et le mouvement n'est que le produit d'un compromis à minima, dans le temps. Il n'y a pas réellement une riposte déterminée à la hauteur des enjeux et de la détermination des salariés. Quelque direction syndicale ne semble pas vouloir suivre la radicalisation des bases. On se contente donc de canaliser le mécontentement, sans remettre en cause le système mais en dénonçant ses « abus ». Le mouvement traîne en longueur et dans le temps, ce qui risque d'engendrer une certaine lassitude et ce temps joue en faveur de l'adversaire. Il le sait parfaitement. Le temps lui donne les moyens d'abattre les forteresses revendicatives et de remporter des victoires partielles dans les conflits en cour. La bourgeoisie peut tenir longtemps sur ce rythme, pas les travailleurs. Les plans sociaux et les licenciements s'échelonnent, inexorablement  malgré la résistance acharnée des travailleurs. Les luttes ne convergent pas et la convergence est un élément qu'il faut aider et impulser, elle s'organise. Dans le cas actuel, les salariés de chacune des entreprises en lutte sont seuls et isolés « chacun chez soit » contre l'ensemble du patronat solidaire et actif.
                              Le patronat est rentré dans un conflit, sa guerre sociale. Il licencie et menace. Partout en France des salariés sont licenciés pour avoir usé de leur droit de manifester et de faire grève. Le licenciement sanctionne le droit d'expression, un militant est condamné pour avoir brandi une pancarte et d'autres qui apparaissent dans les photos des cortèges, c'est le cas entre autres de trois salariés du Centre Leclerc le Méridien à Ibos dans le 65, sous prétexte, bien sur, de licenciement économique. Le patronat pense que le rapport des forces lui est favorable tant la riposte populaire est mesurée et à minima du potentiel réel du mouvement populaire. La déception vient vite quand on ne peut offrir des victoires en exemple et que des travailleurs ont le sentiment d'être seuls, isolés, face à la machine patronale.
                             Dans les faits le patronat s'attaque aux droits des travailleurs, au droit le plus élémentaire de réunion, d'association, de grève et de manifestation. Il mène une guerre sociale sans merci, dans laquelle il ne fait jamais de prisonniers, il ne séquestre pas. Il fait du chantage et licencie et tue l'emploi du salarié qui ose se proclamer citoyen. Un responsable syndical me confiait à propos du licenciement des trois travailleurs de Leclerc, qu'il y avait une solution, bloquer le Centre Commercial tout le temps qu'il faudrait et pour cela, il fallait un front syndical et populaire.
                                 Le pouvoir, bourgeoisie et patronat ne céderont rien, face à des action « perlées » et déconnectées les unes des autres. Quand une partie du patronat est en cause , c'est tout le patronat qui est mobilisé et l'appareil d'Etat. Quand un salarié est touché, tous doivent se sentir concernés et leurs directions en premier lieu et mieux vaut frapper fort que de faire semblant. Les possibilités de victoire ne passent que rarement en gare et sans victoires, il n'y a pas d'espérance.
                                 La peur du débordement pour certains, les incitent à la prudence , à trop de prudence. Les débordements sont entre autre, aussi, une preuve de vitalité du mouvement social, et tout mouvement d'envergure connaît ses débordements et mieux vaut être débordé que de ne rien proposer. L'inaction n'est pas un moyen d'éviter les débordements, ou le pire des moyens pour les subir.
                               Pendant ce temps et entre les journées revendicatives, le patronat sévit, quotidiennement et au rouleau compresseur. Le mouvement  risque de s'affaiblir à l'approche des congés pendant lesquels les travailleurs soigneront leurs plaies. Le processus vital du mouvement social est engagé, la bourgeoisie a toujours achevé sa besogne et sur les hésitations populaires. Le néo libéralisme mène une guerre sociale sans merci. Cette fois ci, qui sauvera le capitalisme, qui ira au secours du système et négocier ensuite le poids des chaînes.

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