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socialiste de gauche 65

socialiste de gauche 65

"socialiste de gauche", n'est pas un site officiel ! Il rassemble des militants, de simples citoyens de divers horizons qui adhérent aux principes du socialisme. les textes publiés, n'engagent que leurs auteurs et non le PS ou tout autre parti.


Les leçons d'une défaite annoncée.

Publié par pierre sur 8 Juin 2009, 18:39pm

Catégories : #FRANCE

                            
                                  Il y a des défaites qui ne sont pas des promesses de victoires à venir, mais plutôt de déroutes futures. Les seules références que nous possédons et les leçons sur lesquelles nous pouvons nous appuyer sont, qu'on le veuille ou non, sont celles du passé. N'étant pas « madame soleil », mieux vaut suivre un processus que de faire des plans sur la comète.
                             La majorité des dirigeants du PS, ceux qui ont « l'oreille » des médias et pour cause, font toujours feu de tout bois pour justifier leurs positions les plus modérées et les moins socialistes et souvent à l'inverse de celui ci. Dans les périodes fastes comme au lendemain de défaites, ils ont une constance sur ce propos. Les défaites sont l'occasion du déchaînement de ceux qui ne cessent de tirer à droite, sous le regard bienveillant de la plupart des médias. Or la défaite est générale pour la gauche et plus particulièrement pour les « forteresses » de la « social démocratie » européenne. Les partis de références, en Allemagne et en Angleterre, subissent un revers historique. Ils sont parmi les partis socialistes et sociaux démocrates, les plus modérés , les moins socialistes et les plus sociaux libéraux. Il n'y a pas en politique de rapports « mécaniques » de transfert d'une volonté vers une autre, on soustrait plus qu'on additionne et le vote à droite ne signifie pas qu'il y a adhésion à une politique plus à droite et plus libérale.
                            Les électeurs de gauche sont restés à la maison ou sont allés à la pêche. Ils ont boudé les urnes, dans la plupart des pays et en France en particulier et dans tous les cas ils ont sanctionné la gauche et le PS plus précisément . La politique de troisième force dans laquelle semble s'engager la majorité de sa direction a toujours été une voie sans issue pour ce parti. C'est historiquement,  toujours sur cette ligne que le PS a échoué et que parfois il a failli disparaître. Il en a toujours été ainsi lorsqu'il n'est plus et qu'il ne représente plus une alternative et qu'il se contente d'alternance. Alors pourquoi ces électeurs socialistes ne se sont ils pas davantage manifestés en votant pour le front de Gauche et le NPA. Pour les mêmes raisons, ces deux organisations ne sont pas en l'état et ne représentent pas une alternative crédible pour le moment. Un élection ne construit pas à elle seule une force politique à moyen et long terme. Une organisation politique se construit sur la durée, avec une base un programme , une pratique et une colonne vertébrale  idéologique et c'est lorsque cette force est suffisamment  construite et puissante, qu'elle peut incarner une alternative au capitalisme. Le front de Gauche et le NPA, n'ont pas encore acquis cette dimension, sauf qu'ils bénéficient de voix de militants socialistes et de secteurs traditionnels du socialisme, des voix parmi les électeurs les plus politiques traditionnellement  issus du PS.
                                  L'autre point important, c'est que l'on ne retrouve pas la mobilisation populaire de ces derniers mois. Elle ne se traduit pas dans les urnes, ce qui conforte ce manque d'alternative. Depuis six mois de mobilisation en mobilisation et rien à l'horizon. Quelques victoires locales ici où là et beaucoup de revers. La répression dans les entreprises privées et publiques contre les grévistes et les « meneurs », laissent un goût amer . Le mouvement social n'a pas su développer la dynamique qui s'offrait généreusement et la grève générale n'est toujours pas d'actualité. Cette élection  risque de l'enterrer davantage. Le train était en gare et certaines organisations syndicales n'ont pas voulue le prendre. La déception du mouvement social, c'est toujours la droite et la bourgeoisie qui en profitent. Rien ne sert de battre le fer froid.
                                La bourgeoisie a joué efficace en se détournant du MODEM pour se concentrer sur l'UMP et en Europe sur les conservateurs.
                              Le Manifesto, personne n'y a cru, pendant qu'il s'élaborait à Madrid, le PSE était déjà divisé sur le sort de Manuel Barroso, ce qui traduit une profonde division quant à la politique européenne à suivre ou un vaste mensonge pour ceux qui affirmaient vouloir changer l'Europe. Comment la changer sans modifier fondamentalement ses structures et après des années de collusion avec les politiques les plus libérales. Pour autant qu'il y ait un manque momentané d'alternative politique et sociale, les ferments de la contestation sont toujours là, présents et ce que certains ne trouvent pas où plus, dans le mouvement social, ils iront le chercher ailleurs. Le nationalisme est toujours un pendant de la crise et le vide politique laissé ou le terrain abandonné par le socialisme a toujours été rempli par l'extrême droite. Il y a des mêmes causes dont les effets sont semblables.
                               Les écologistes ont été les premiers surpris par leur succès, auquel personne ne s'attendait d'ailleurs . Un vote refuge et de défiance par rapport aux autres et au PS en particulier et  les écologistes auraient tort de prendre leur résultat au premier degré, d'autant plus que l'avenir leur réserve quelques surprises. C'est à l'usage européen que les dissensions vont apparaître, avec les choix d'alliances à venir. Encore un fois, ce n'est pas un scrutin qui constitue une organisation, surtout avec prés de 60% d'abstention , il ne traduit pas forcément la réalité.
                                    Il y a un autre enseignement , la droite a massivement voté mais elle ne semble pas tirer les leçons de l'abstention .  Ceux qui n'ont pas voté, ce n'est pas qu'ils n'existent pas, ils existent, ils sont des citoyens , des salariés avec leurs problèmes que l'élection ne règle pas. Le bleu horizon domine le parlement européen et les problèmes des salariés risquent fort de s'aggraver partout en Europe. Quand le socialisme recule ou que les socialistes ne le sont pas l'extrême droite avance. Encore un coup de barre à droite du PS et de la social démocratie et la droite pourra imposer sa politique à coup de lattes.
                               Le très social libéral Gordon Brown est au bord du gouffre, laminé, écrasé et jeté. Le SPD subit un revers historique après avoir « ciré les pompes » de Merkel. En Espagne, la droite reviens en force et d'ironie, c'est Zapatero et le PSOE qui endosse toute la responsabilité de la crise capitaliste après avoir suivi la politique la plus zélée au service de la bourgeoisie  et c'est paradoxalement  les représentants de ceux qui l'ont fabriquée qui l'emportent. L'histoire et les peuples n'épargnent jamais les valets.
                                  Il y a tout de même quelques indices. Ils ne sont certes pas exceptionnels , c'est le maintien  et la progression des gauches radicales, selon les pays. Cette gauche se développe à un rythme moindre que la baisse de la « social démocratie » malgré la désaffection populaire pour de telles élections.
                           Il faut également noter que depuis quelques années, les effectifs  militants des partis de la gauche traditionnelle sont en baisse et inversement en hausse, dans de moindres proportions,  à leur gauche.
                               L'abstention, dans de telles proportions, n'est elle pas partiellement l'expression d'un ras le bol, bien plus qu'un désintérêt .

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