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socialiste de gauche 65

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"socialiste de gauche", n'est pas un site officiel ! Il rassemble des militants, de simples citoyens de divers horizons qui adhérent aux principes du socialisme. les textes publiés, n'engagent que leurs auteurs et non le PS ou tout autre parti.


Coup de gueule et gueule de bois

Publié par PAUVRE MARTIN sur 10 Mai 2007, 21:56pm

Catégories : #FRANCE

  Ce matin, 7 avril 2007, près de la moitié des Français se sont réveillés avec la gueule de bois. Pas cette gueule de bois qui suit les nuits de fête et qui vous laisse la mélancolique impression d’avoir été heureux, mais celle dont on souffre dans une traversée maritime houleuse après une nuit de tempête et de mal de mer qui vous laisse dans la bouche le goût âcre et acide du vomissement et de la nausée. Comme le chantait Léo Ferré en 1968 : " Ils ont voté, et puis après… ".
  Eh bien après, Ségolène caracolait devant les caméras tout sourire déployé, plus décontractée que jamais (elle qui l’est si peu d’habitude), comme si la victoire lui appartenait, tandis que ses lieutenants expliquaient que 47% des Français avaient voté pour elle et qu’elle devenait de fait le leadership incontesté et incontestable de l’opposition (on n’ose plus dire de la gauche, mot désormais maudit s’il en est). Pour appuyer cette thèse, les barons de la droite ne tarissaient pas d’éloges sur elle et lui adressaient leurs félicitations. Ainsi Ségolène choisie et imposée aux militants du Parti Socialiste par Sarko et les medias, est désormais confirmée dans ses fonctions par ce même Sarko et ces mêmes media. On croit sinon rêver du moins cauchemarder ! Alors je me pince pour revenir à la réalité : Ségolène vient non seulement de nous amener à la défaite, mais aussi de permettre à la droite de remporter la victoire la plus éclatante de la V° République. Autre mise au point : contrairement à ce que proclame avec fierté Julien Dray, 47% des Français n’ont pas voté pour Ségolène, mais contre Sarko ; la nuance est de taille.
   Moi, pauvre Martin, pauvre misère, n’ai guère les capacités des analyses politiques fines et lumineuses, mais les causes de cette défaite me paraissent bien simples. La droite a su affirmer sa raideur droitière, tandis que Ségo, naviguant au gré des opinions savamment distillées par les instituts de sondages, se voulait tantôt moderne, tantôt ringarde, tantôt plutôt à droite, tantôt plutôt gauche, parfois laïque, souvent chrétienne… Résultat les Français, qui ne brillent pas toujours par leur courage, ont préféré se réfugier dans les bras d’une droite qui s’affirme et qui donne l’air de savoir où elle va, plutôt que dans ceux d’une soi-disant nouvelle gauche qui se cherche et se perd dans les dédales de son manque de propositions concrètes. En bon avocat, Sarko a su parler vrai en restant terre-à-terre, en faisant des propositions précises, en parlant simple, tandis que Ségolène n’a jamais cessé d’employer le discours froid, abstrait et désincarné de l’énarque. Un discours, où au lieu de faire des propositions concrètes sur les retraites, l’Europe, la politique étrangère, l’écologie… elle se cachait souvent derrière les futures décisions des partenaires sociaux en agrémentant le tout de phrases grandiloquentes, mais creuses et vides du genre : " Demain va se lever sur la France une aube radieuse annonciatrice d’un jour particulièrement lumineux …". Résultat : un cuisant échec électoral.
   Pour achever la soirée, quelques éléphants sont venus expliquer qu’il fallait enfin rompre avec la gauche traditionnelle pour s’ouvrir. S’ouvrir à qui ? Aux idées de gauche abandonnées depuis longtemps ? Que nenni ! Aux idées de droite, désormais baptisées du centre. Autrement dit, ces éléphants gras et dodus expliquent au bon peuple de France que l’avenir n’est plus dans l’espoir, dans l’utopie, dans l’imagination, mais dans la dure réalité de la société capitaliste, la seule, selon eux, viable et imaginable. Ils n’ont toujours pas compris que les Français, comme tous les autres humains, préfèrent toujours l’original à la copie et que pour faire une politique de droite, libérale et capitaliste, rien ne vaut la vraie droite, celle qui n’a pas peur de s’affirmer et qui non seulement annonce la couleur, mais la pare de valeurs, de formules et de citations empruntées à la gauche. !
   Emportée par l’euphorie de la soirée, Ségo nous a " promis de rester à notre tête pour d’autres victoires ". A croire qu’à force de faire semblant d’avoir gagné, elle avait fini par le croire. Eh bien de ce genre de victoire, le peuple de gauche n’en veut plus et il ne faudra plus qu’elle compte sur lui !
   Si la gauche veut se relever, il faut qu’elle soit capable de faire ce qu’a fait la droite, c’est-à-dire s’affirmer et ne plus avoir honte de ce qu’elle est. Affirmer haut et fort que la société capitaliste avec tous ses énormes dégâts collatéraux n’est pas la seule possible, qu’elle peut faire des propositions de société précises et viables, qu’elle peut redonner l’espoir et faire à nouveau rêver et transformer les utopies en réalités. Pour cela, il faut que la gauche regagne son terrain historique, qu’elle rappelle que les réformes sont son apanage et non celui de la droite qui n’offre, au contraire, que des contre-réformes réactionnaires, que la société française n’a jamais été aussi florissante et qu’il est bien paradoxal dans cette situation d’expliquer aux Français qu’il faut se serrer la ceinture pour être compétitif. Si nous voulons être compétitifs, il faudra baisser notre niveau de vie en-dessous de celui de Bengla-Desh. Tout cela pourquoi et pour quoi ? Pour que les capitalistes qui jouent au Monopoly gagnent des sommes toujours plus importantes. Jusqu’à quand serons-nous des pions de Monopoly ? Il est temps que la gauche se souvienne que c’est elle et non la droite qui a tout inventé en matière de politique sociale et progressiste. Qu’elle soit capable, à l’instar de ses aînés de 1789, de 1936, de 1981… d’être capable de réinventer l’histoire et de rendre possible l’impensable. " Les temps ont changé, avec la mondialisation, il n’existe pas d’autre voie que le libéralisme ". " Il n’y a pas d’autre société possible que le capitalisme – Rolland Querol sur France-Inter- " . Voilà le poison que l’on nous sert au quotidien. On aurait pu en 1789 dire qu’il n’existait pas d’autre régime possible que la monarchie absolue. Nos ancêtres ont prouvé qu’à cœur vaillant rien n’est impossible. Il nous reste tout à inventer et cesser de laisser nos adversaires piller notre patrimoine politique en s’emparant et se réclamant des valeurs laïques, républicaines, sociales, humanistes et progressistes que leurs ancêtres ont combattu vigoureusement par le glaive, le fer et le feu. Il est temps de nous montrer dignes de notre héritage et de remettre de l’ordre dans la maison. Il est temps d’inventer de nouveaux modèles politiques de gauche au lieu d’aller chercher les modèles éculés (au sens propre et figuré) dans les pays scandinaves ou anglo-saxons. La gauche française nous a habitué à innover et non à copier !
    Il y a quelques décennies sur le bateau France, les officiers des machines se sont trouvés confinés dans leur cale sale et bruyante. Ils sont montés au poste de commandement et, après avoir jeté par-dessus bord les officiers du pont, ils ont pris leur place. Le problème est qu’ils savent faire tourner les machines, mais ignorent comment faire le point. Le résultat ne s’est pas fait attendre le bateau dérive sur les flots de la mondialisation et du libéralisme. Il est temps à tous les niveaux de remettre chacun à sa place ; de faire redescendre les officiers des machines dans leur salle et de remettre sur le pont des officiers capables d’amener le bateau à bon port. Ceci aussi bien au niveau de l’État que des partis. La gauche a davantage besoin de visionnaires que de gestionnaires pusillanimes, laborieux et sans imagination.
      A la lecture de ce coup de gueule, vous, les professionnels de la politique, pourrez toujours sourire avec condescendance, mais méfiez vous, car nous, les pauvres Martin, les pauvre misère qui creusons la terre et le temps allons jeter nos pelles et nos pioches aux orties si vous continuez à mener vos guerres claniques et à jouer notre avenir aux dés dans le seul but de sauvegarder vos carrières et vos ambitions personnelles.

Pauvre Martin

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MARX 10/05/2007 22:15

première intervention de pauvre martin sur ce blog. son texte résume bien le point de vue des gens réllemenr de gauche au PS. Quel pléonasme de dire gens de gauche du PS

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