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socialiste de gauche 65

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"socialiste de gauche", n'est pas un site officiel ! Il rassemble des militants, de simples citoyens de divers horizons qui adhérent aux principes du socialisme. les textes publiés, n'engagent que leurs auteurs et non le PS ou tout autre parti.


A propos de guy mocquet

Publié le 10 Octobre 2007, 14:53pm

Catégories : #histoire et idées

Extrait d'un texte  très pertiNent sur la menace qui pèse sur la recherche historique. IL est en  intégralité publié dans le site la sociale : http://www.la-sociale.net/.

"Dicter l’histoire aux historiens

Dans divers articles consacrés à la lecture d’Etat de le lettre de Guy Môquet on trouve une citation de Condorcet (dont nous n’avons pas retrouvé la source exacte) : « Je préfère leur histoire plutôt que leur éloge ; car on ne doit aux morts que ce qui est utile aux vivants : la vérité et la justice. »

Le dispositif du 22 octobre intervient dans une situation où ce n’est pas vers la « vérité et la justice » que s’orientent depuis une quinzaine d’années diverses lois de la Vème République qui ont prétendu définir quel devait être le sens et le résultat des recherches historiques menées dans ce pays.

Dans la présentation de la pétition « Liberté pour l’histoire » ( pétition signée au départ par 19 historiens et demandant l’abrogation des articles de loi orientant la recherche et l’enseignement de cette discipline) Jean Jacques Marie soulignait (Cahiers du mouvement ouvrier, N°29 de février 2006) que les crimes contre l’humanité cités dans la pétition étaient incontestables mais « qu’ils ne sauraient être pour autant soustraits au libre examen sous peine de considérer comme normale l’instauration d’une histoire et d’une vérité officielles » et il citait Madeleine Rébérioux, ancienne déportée, qui dénonçait la loi Gayssot parce qu’elle « confie au juge la charge de dire la vérité en histoire, alors que la vérité historique récuse toute vérité officielle » Extraits de cette pétition « liberté pour l’histoire » : Emus par les interventions politiques de plus en plus fréquentes dans l’appréciation des événements du passé et par les procédures judiciaires touchant des historiens et des penseurs, nous tenons à rappeler les principes suivants :

- L’histoire n’est pas une religion. L’historien n’accepte aucun dogme, ne respecte aucun interdit, ne connaît pas de tabous. Il peut être dérangeant.
- L’histoire n’est pas la morale. L’historien n’a pas pour rôle d’exalter ou de condamner, il explique.
- L’histoire n’est pas l’esclave de l’actualité. L’historien ne plaque pas sur le passé des schémas idéologiques contemporains et n’introduit pas dans les événements d’autrefois la sensibilité d’aujourd’hui.
- L’histoire n’est pas la mémoire. L’historien, dans une démarche scientifique, recueille les souvenirs des hommes, les compare entre eux, les confronte aux documents, aux objets, aux traces, et établit les faits. L’histoire tient compte de la mémoire, elle ne s’y réduit pas.
- L’histoire n’est pas un objet juridique. Dans un Etat libre, il n’appartient ni au Parlement ni à l’autorité judiciaire de définir la vérité historique. La politique de l’Etat, même animée des meilleures intentions, n’est pas la politique de l’histoire.

C’est en violation de ces principes que des articles de lois successives - notamment les lois du 13 juillet 1990, du 29 janvier 2001, du 21 mai 2001, du 23 février 2005 -­ ont restreint la liberté de l’historien, lui ont dit, sous peine de sanctions, ce qu’il doit chercher et ce qu’il doit trouver, lui ont prescrit des méthodes et posé des limites.

Nous demandons l’abrogation de ces dispositions législatives indignes d’un régime démocratique (...)

Des centaines d’historiens ont signé cette pétition qui visait en particulier certains des articles de la loi du 13 juillet 1990 tendant à réprimer tout acte raciste, antisémite ou xénophobe (plus connue sous le nom de loi Gayssot), de la loi du 29 janvier 2001 relative à la reconnaissance du génocide arménien de 1915, de la loi du 21 mai 2001 tendant à la reconnaissance de la traite et de l’esclavage en tant que crime contre l’humanité (dite loi Taubira)

L’article 4 de la loi du 23 février 2005 sur les rapatriés stipulant que "les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord" est venu renforcer toutes les craintes des historiens, les initiateurs de la pétition précisant dans un communiqué (fin janvier 2006) : « L’histoire ne leur (aux historiens, RM) appartient pas, pas plus qu’aux politiques. Les mémoires sont plurielles, fragmentées, le plus souvent passionnelles et partisanes. L’histoire, elle, est critique et laïque : elle est le bien de tous. C’est précisément pour préserver la liberté d’expression et garantir le droit pour tous d’accéder à la connaissance des acquis historiques résultant d’un travail scientifique libéré du poids des circonstances, que les signataires s’élèvent contre la proclamation de vérités officielles, indignes d’un régime démocratique » Et ils précisaient « que s’il appartient traditionnellement au Parlement et au Gouvernement de décider des commémorations, célébrations ou indemnisations, il n’est pas de la compétence du Parlement de voter des lois qui voudraient dire une quelconque vérité historique officielle, et d’établir de fait, à travers l’appareil judiciaire, un contrôle sur l’écriture, voire sur l’enseignement, à tous les niveaux, de l’histoire ».

Le récent projet de l’Institut d’études sur l’immigration et l’intégration qui doit être installé au sein du Haut Commissariat à l’intégration (HCI) par le ministre de l’immigration et de l’identité nationale, Brice Hortefeux, le 8 octobre vient confirmer la gravité de la situation. Une note du HCI en fixe les missions : " constituer un guichet unifié des études sur l’immigration et l’intégration donnant des moyens élargis à la recherche et finançant des recherches d’université (...) et de laboratoire ; de déterminer des champs et des sujets pertinents » et précise surtout :" Cet institut a pour vocation de constituer un guichet unifié rassemblant des chercheurs, des universitaires, des administrations et des entreprises privées qui commanditent des recherches sur ces questions ».

Quid de l’indépendance des recherches dans un tel cadre ?

Lucien Febvre, cofondateur des Annales déclarait en juin 1920 (après sa prise de fonction à l’Université de Strasbourg en 1919) : « une histoire qui sert est une histoire serve ».

On voit bien comment, aujourd’hui, le président de la République et le ministre de l’Education nationale entendent se servir de Guy Môquet pour dicter aux enseignants une pédagogie officielle, une lecture d’Etat, une interprétation de l’histoire.

Ce n’est pas la moindre des offensives contre l’école publique, ses enseignants et la laïcité."

Raymond Morvan

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paul 20/10/2007 19:36

 r Pierre Schill, professeur d’histoire-géographie à Montpellier, Membre du (CVUH) souligne que la lettre est sortie de son contexte
on parle de compagnon à la place de camarade. la note de darcos deamnde de ne pas parler du passé communiste de Mocquet

pierrot 19/10/2007 10:27

La citation de Condorcet est extraite d'une tribune parue dans les pages Rebonds de Libé le 11 septembre 2007 :Pierre Schill "Guy Môquet revu et corrigé"Cordialement

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