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socialiste de gauche 65

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"socialiste de gauche", n'est pas un site officiel ! Il rassemble des militants, de simples citoyens de divers horizons qui adhérent aux principes du socialisme. les textes publiés, n'engagent que leurs auteurs et non le PS ou tout autre parti.


Les beaux jours de l’action directe en Espagne

Publié par pierre sur 1 Novembre 2010, 15:41pm

Catégories : #histoire et idées


                                Francisco Ascaso et Buenaventura Durruti, deux militants anarchistes, membres de la CNT en Espagne fondèrent le groupe des « Justiciers ». C’était l’époque des « pistoléros » au service du patronat et de l’église. Les militants disparaissaient, assassinés. Les délégués de la CNT étaient pourchassés par ces hommes de main qui semaient la terreur dans les villages et dans les quartiers populaires. Les réunions étaient sabotées et en Andalousie, les laquais des grands propriétaires « donnaient du fouet ». Les licenciements se faisaient avec une brutalité bestiale et les meneurs trouvaient rarement du travail. C’est la double peine, celle appliquée par les « pistoléros » et ensuite par la police.
                              Durruti est passé d’abord par l’UGT, qu’il quitte en lui reprochant son manque d’action et d’audace. Avec Ascaso ils forment un duo extraordinaire. Ils répliquent aux attaques patronales, « œil pour œil, dent pour dent » et font face les armes à la mains aux pistoléros. Chaque fois qu’une injustice est commise à l’encontre d’un travailleur dans leur secteur, ils interviennent au « nueve largo ». Le Cardinal Soldevilla, à Sarragosse est un habitué de la répression contre les mécréants, les sans Dieu, les cercles de libre penseurs et les milieux anarchistes. Ses tueurs ont sévi dans plusieurs endroits de la province. Buenaventura Durruti ou Francisco Ascaso, selon les versions, s’interpose et fait face au Cardinal et à quatre de ses tueurs et il les  abat tout  les cinq. Ascaso est originaire de tout prés, d’Almudevar, entre Huesca et Sarragosse.  La violence patronale est extrême dans un pays encore dominé par le  féodalisme et où il existe encore des formes de servage jusqu’à la proclamation de la seconde République en 1931.
                                 Durruti recherché est obligé de fuir et de se réfugier à Paris où il fait la connaissance de sa compagne. La police française est au point de l’arrêter et il part pour le Mexique, pays dans lequel il se retrouve dans les mêmes conditions qu’en Espagne, face aux grands propriétaires. Les ouvriers y sont également fouettés, assassinés les meneurs et toujours les « pistoléros » à la solde des « gros ». La vie d’un ouvrier, et d’un indien, ne vaut pas cher et on peut tuer, tout simplement pour ne pas avoir le salaire à verser. Durruti n’hésite pas et participe avec ses camarades mexicains. Et puis, un jour , ils sont face à face, le grand propriétaire avec ses tueurs, Buenaventura est le plus rapide et le plus adroit, les cinq salopards sont à terre. La République est proclamée en Espagne et il est accueilli dans son pays. 
                           Certains attribuent cela à Ascaso, peu importe, deux grands hommes. Francisco Ascaso sera le chef de la défense de l’Aragon et dirigera une importante Division. Buenaventura Durruti se battra à la tête de sa division comme un lion. Deux hommes extraordinaires, qui n’ont jamais posé un genou à terre, ni baissé la tête. Ils ont combattu l’injustice en faisant justice  les armes à la main quand il le fallait mais leurs vies ne se résume pas simplement à cela. Leur héroïsme, c’était au quotidien.
                              Pas de bombe qui risque de tuer des innocents, pas d’attentats aveugles. Non , une justice ciblée, aussi rapide que la répression patronale et cléricale . Les différents pouvoirs ont souvent attribué des actes à ces hommes afin de les discréditer. Ils étaient populaires et allaient dans la société comme des « poissons dans l’eau ».
                              La grande bourgeoisie actuelle a toujours ses pistoléros, sans armes cette fois ci, mais dont les méthodes sont aussi expéditives que ceux d’hier. Ils n’ont pas peur et pourquoi auraient ils peur, puisque  se sont les salariés qui se suicident.

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