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socialiste de gauche 65

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"socialiste de gauche", n'est pas un site officiel ! Il rassemble des militants, de simples citoyens de divers horizons qui adhérent aux principes du socialisme. les textes publiés, n'engagent que leurs auteurs et non le PS ou tout autre parti.


retour sur le congrès de Tours et ses enjeux historiques

Publié par Pierre sur 11 Février 2011, 11:14am

Catégories : #histoire et idées

 

l'idéologie dominante aidant, on a peu évoqué dans les médias, les 90 ans du congrès de Tours !

 

Tout au plus, on rappelle que ce fut une rupture entre Révolutionnaires et réformistes.  Cette thèse simpliste a pour but de discréditer ainsi le concept de Révolution.  

 

Ce texte avait été publié en juillet 2009. Il Répond à de nombreuses approximations historiques.

 

Marx et Pierre

                             Il est une idée répandue qui fait du Congrès de Tours, la séparation entre les réformistes, minoritaires et les révolutionnaires. Cette idée propagée par les majoritaires et utilisée pour dénoncer la faillite de la II iéme  internationale et par là même  la discréditer est de nos jours inversée. Les à peine réformistes l'utilisent avec les mêmes desseins à l'encontre de ceux qu'ils désignent comme étant les révolutionnaires, les gauchistes et tous ceux qu'ils tentent de disqualifier.

                                  Or le Congrès de Tours doit traiter de l'adhésion ou pas à la troisième internationale assortie des 21 conditions édictées par le télégramme de Zinoviev.  Tous les Partis socialistes et sociaux démocrates se réunissent en congrès à quelques exceptions prés. Certains refusent à choisir et rejettent la division de l'internationale. Le PSOE par exemple, vote dans un premier temps l'adhésion à la troisième internationale avant d'avoir reçu les 21 conditions. A la réception de celles ci, Pablo Iglesias  reconvoque un congrès, qui repousse très majoritairement l'adhésion.

                                  En France les majoritaires préparent activement ce Congrès et déjà les cartes portent la mention SFIC  (section française de l'internationale communiste) en lieu et place de SFIO (section française de l'internationale ouvrière). L'échec de l'internationale face à la guerre de 14 et le succès de la révolution d'octobre confirme la volonté des bolcheviks de construire l'internationale communiste et de rompre avec ceux qu'ils qualifient de réformistes.

                             Avant l'unification de 1905, il existe bien quelques courants réformistes, particulièrement minoritaires. Les possibilistes de Paul Brousse et malgré leur intitulé, l'Alliance communiste révolutionnaire fondée par des élus du Parti socialiste révolutionnaire et ensuite les participationnistes sont qualifiés de réformistes par les deux grands courants issus du POF  de Guesde, Deville et Lafargue et par le PSOR d'Allemane et Vaillant, héritiers de Blanqui.  Millerand incarnera plus tard le courant réformiste et sombrera dans la collaboration de classe.                                                                         

                           Le réformisme se constitue plus particulièrement et politiquement avec le révisionnisme  de Berstein et gagne l'aile droite de la social démocratie allemande. La référence des partis socialistes et sociaux démocrates est marxiste et évidemment révolutionnaire. La déclaration de principes de l'unification de 1905 est claire, le Parti socialiste est un Parti de classe et il est un Parti révolutionnaire. A aucun moment cette ligne n'est remise en cause, pas même pendant le congrès de Tours par les minoritaires qui par ailleurs se défendent d'une telle accusation.

                         Il est également des courants « ouvrièristes » qui se défendent d'être marxistes, en France l'anti patriotard Gustave Hervé, plus radical que révolutionnaire sombre dans le nationalisme. En Allemagne les partisans  et les héritiers de Lassalle font cause commune avec l'aile droite réformiste et votent les crédits à la guerre. C'est en Allemagne que les tensions seront les plus fortes entre réformistes assumés et révolutionnaires. Particulièrement en 1919 lors de la première tentative de reconstruction de la l'internationale socialiste à Berne (Conférence de Berne) dont le rapporteur pour la SFIO est Renaudel qui malgré les résolutions proposées par Adler et Branting est le théâtre d'un violent affrontement entre l'aile droite de la social démocratie allemande et l'aile gauche dirigée par Karl Kausky entre autre, à la suite de la mise en cause française. La Conférence de Berne sera ajournée. De nombreux Partis ont refusé de participer aux cotés de l'aile droite allemande. La CGT est présente à titre syndical et membre de l'internationale.

                           Des années avant Jaurès avait pris position en faveur de Millerand et de la participation, cependant Jaurès  connaît un formidable évolution en clôturant ce débat récurant : » La réforme n'a de valeur que si elle s'inscrit dans une perspective révolutionnaire ! » et cette évolution va encore se poursuivre en reconnaissant l'œuvre de Marx à laquelle il apporte la notion de conscience . Jaurès le  jeune républicain devient rapidement le Jaurès socialiste, celui du Parti du prolétariat et de la transformation sociale.

                          En Allemagne c'est l'affrontement des deux courants qui se solde par l'assassinat de Rosa Luxembourg et de Liebnecht, avec la complicité des doux réformistes et la révolution avortée et trahie. En France c'est à la fin des années 20 que l'opposition des deux lignes réapparaît, avec les néos socialistes. Ils veulent démarxiser le Parti pour lui ôter toute référence révolutionnaire et relancer le participationnisme. Le point d'orgue c'est le Congrès de 33 avec les interventions de Marquet et Déat devant un Blum « Horrifié ». Ils veulent imposer la notion d'ordre et le ralliement à l'idéologie dominante. Eux aussi subissent l'influence de Sorel, tout comme Mussolini en Italie. Les néos sont exclus mais d'autres relancent le débat par l'aile droite et le courant central explose. La gauche révolutionnaire de Marceau Pivert fonde le PSOP et le Parti n'a plus de ligne. La majorité des élus de la SFIO vote les pleins pouvoirs en accord avec le secrétaire général Paul Faure.

                         A la libération le Parti jure qu'on ne lui reprendrait plus et les exclusions sont massives «  des traîtres, des lâches et des défaillants ». Le Parti revient épuré (Jules Moch, Lettre au peuple de France) et en 44 comme en 46, le Parti  se réaffirme indéfectiblement  révolutionnaire et repousse avec un profond mépris la tentation réformiste et révisionniste . Léon Blum va jusqu'à rappeler l'attachement du Parti à la notion de Dictature du Prolétariat. Pourtant avec la guerre froide et les guerres coloniales les vieux démons reviennent avec la ligne de troisième force (troisième voie de nos jours) et les réformistes sont à l'œuvre avec Robert Lacoste et Max Lejeune entre autres. Gaston Deferre propose sa Grande Fédération à l'un des derniers Congrès de la SFIO, composée avec le centre, l'actuel Modem et une alliance qui repousse le PC. Le résultat 2,5% sans chipoter au dixième . Les critiques de Michel Rocard, l'ancien des jeunesses socialistes et secrétaire du Psu sont acérées. Le Parti change d'appellation, ce n'est plus la SFIO mais le Parti Socialiste, dirigé par Alain Savary revenu du PSU. Enfin Epinay le Parti se reconstruit sur la gauche, sur une ligne de rupture, avec le Front de Classe et  l'Union de la gauche avec le PCF. Le Congrès de Metz confirme et c'est la victoire de 81. Déjà l'idéologie dominante réapparaît infusée à l'intérieur , et les vieux démons reviennent. La lutte des classes cède le pas à la lutte des places, la culture de gouvernement et de pouvoir efface toute trace de culture politique et de culture tout court. La chute finale (Poperen) s'avance et Rocard propose et fait pire que tous les maux qu'il dénonçait chez les autres. Le niveau zéro de la politique est presque atteint.

                C'est dur, pourtant dans la dérive actuelle du PS et les critiques formulées contre certains dirigeants actuels dans différents billets de ce blog le sont bien davantage par de nombreux historiques du Parti. Aux dernières européennes le sénateur républicain Caillavet appelait à voter pour le front de gauche, Edmonde Charleroux l'épouse de Gaston Deferre , Danielle Mitterrand et tant d'autres ont émis de vives critiques auxquelles le PS est sourd et aveugle. C'est une marque de sénilité avancée qui sonne le début de la fin. L'expérience des uns ne sert pas forcément aux autres, sauf qu'ignorer l'histoire permet à ses maux de se reproduire.

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