Vendredi 27 juin 2008
             Il est à la mode le marché. Il devient une référence, être ou ne pas être pour le marché. C’est « tendance » mais voyons, il est une réalité et comment s’opposer à ce qui est. Forcément il est là tout comme le capitalisme, il est là, l’injustice est là elle aussi, l’exploitation et la faim également. Puisque c’est là cela devient pour certains incontournable. Puisque l’injustice est là il serait vain de s’y opposer, autrement dit il faut être contre ce qui n’est pas là et au mieux contre ce qui n’existe pas on est ainsi sur de ne rien construire et de ne rien changer dans l’ordre des choses. Quand Sarkozy est pour le marché, c’est qu’il est partisan du capitalisme. Quand Hollande est pour le marché, il le rejoint en rajoutant « régulé » sans pour autant préciser avec quels moyens en dehors du « bricolage » habituel qui sont au socialisme ce que la confiture est à l’astronomie et qui s’apparente à l’astrologie de madame Irma. Cela ne règle rien mais il y aura toujours des « bobos » pour y croire et des financiers pour en rire. Il est par ailleurs de bon ton d’être pour le marché, c’est moderne et intelligent et suppose d’y avoir longuement réfléchi . A l’inverse , être contre c’est répéter les vieux dogmes archéos marxistes, sans aucune réflexion tel un être primaire frappé d’illettrisme congénital à l’image d’un ouvrier de 1905. Il n’y a qu’a observer les débats politiques actuels : » comment peut-on être contre le marché ? il est là, il existe et fonctionne. Mais vous n’y pensez pas ! Comment régler les échanges ? Bien des choses ont existé et il y a bien eu des hommes des femmes et des forces qui les ont combattues, comme l’esclavage par exemple dont d’aucuns ont affirmé qu’il était nécessaire et indépassable. De quel marché s’agit-il, mondialisé de surcroît . De celui qui permet au système d’être ce qu’il est, injuste et inégalitaire. Qui est contre le marché hebdomadaire du village, c’est le marché. Ces marchés disparaissent des places publiques, avec les épiciers, les bouchers, les charcutiers et l’ensemble du petit commerce. En fait le marché supprime les marchés et l’argument du mode d’échange et de la proximité est un peu court devant la réalité des faits et des conséquences qui en découlent. De tout temps les hommes et les sociétés ont échangé des produits y compris dans les sociétés primitives autarciques comme dans des économies vivrières plus récentes et l’esclavage a certainement été le plus mondialisé des marchés dès le 15eme siècle, doit-on s’en satisfaire puisqu’il correspondait à une demande. Bien évidemment non ! Le problème actuel est que tout devient marchandise et que la fonction sociale disparaît au profit de la valeur marchande en fonction des profits et des seuls profits que quelques uns peuvent en retirer au détriment de tous les autres. Le marché n’est plus un moyen d’échange, puisque tout est marchandise, l’entreprise elle-même au delà de sa fonction première de produire. La vente et l’achat des moyens de production conduit à la concentration et le marché conduit à la disparition d’un certain nombre d’entre elles par le simple jeu de la concurrence. Cette bataille à l’échelle mondiale que se livrent les entreprises, c’est toujours et en premier lieu les salariés qui le payent au travers du « compressible », l’emploi et le salaire. Quand cela est encore insuffisant dans un secteur donné et que la marge peut être plus importante ailleurs, elles délocalisent, sur le dos des mêmes, les salariés. Quand la concentration a atteint un certain niveau il n’y a plus de concurrence et dont plus de marché et on ne régule plus rien, sauf les illusions. Il y a bien le marché du travail, hérité du marché aux esclaves, ou l’on négocie le salaire en échange de la force de travail disponible, manuelle ou intellectuelle et plus fréquemment de nos jours des deux à la fois. Lorsque la force de travail vient à manquer ou que son coût est jugé trop élevé par le patronat, relayé en cela par l’Etat, ils en font venir des bataillons entiers . Comme ce fut le cas dans une période récente, au coût jugé trop élevé afin de moderniser l’industrie automobile, les industriels encouragèrent l’immigration pour les faibles coûts que représentait cette main d’œuvre. C’est toujours le cas de nos jours dans le bâtiment et les TP. Tout est marchandise et on peut même vendre son âme au « diable » en donnant entière satisfaction au système par la privatisation du patrimoine public et des services publics en les arrachant du champ social pour les verser dans le champ marchand. Tout comme une appendicite, un accouchement, un cancer ou toute épreuve de la vie qui devient une marchandise dont la valeur peut évoluer selon l’urgence et la gravité. Lire écrire, compter, la culture, l’éducation n’ont plus une importance sociale mais marchande et un coût sur lequel on peut réaliser un profit et de fortes plus-values. Marché est devenu un synonyme de néo libéralisme, il en est la caractéristique et en aucun cas celui de liberté. Son mécanisme naturel le conduit à la concentration et non à l’inverse, c’est ce que l’on peut parfaitement observer depuis deux siècles. Il ne garantit en aucun cas la concurrence et de moins en moins selon son degré d’évolution et mon voisin , le dernier épicier du canton, ne pèse rien , il subit. Si les défenseurs du marché avaient raison, les prix n’en finiraient pas de baisser et les salaires de progresser mais nous savons que le marché c’est le serpent qui se mord la queue. Est-il nécessaire d’aborder le marché et son corollaire , la spéculation de plus en plus présente, comme un rouage important et indispensable au système pour réaliser le plus de profits dans un temps donné en jouant sur les fondements du marché « l’offre et la demande ». Que veut dire échange dans ce cadre là ? Au fait, le marché et le capitalisme n’est-il pas le système qui devait venir à bout de la faim dans le monde dont la fable nous est serinée depuis plus d’un siècle et qui devait développer les pays les plus pauvres. Et bien , le marché les a plumés et ils sont toujours aussi pauvre mais contents de savoir qu’il existe
par pierre publié dans : général
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Mercredi 11 juin 2008
En cette période de carburant cher, c’est le retour de l’écologie punitive. Le pétrole doit être encore plus cher, comme un encouragement à un peu plus de spéculation et de dividendes supplémentaires pour les grands actionnaires des compagnies pétrolières. On fait comme si chaque citoyen avait réellement le choix en culpabilisant individuellement ceux qui subissent. C’est dans le même temps « absoudre » le système générateur de « gabegie » et exiger la pénitence du « pécheur ». Selon que vous soyez puissant ou misérable, pauvre ou riche, vous pourrez polluer et selon vos moyens, au nom de « l’équité sociale ». La notion de pollueur payeur fait abstraction du niveau de fortune et de condition sociale, comme si tous les citoyens étaient à égalité de droits et de devoirs. Les « plus égaux » seront autorisés à polluer les autres , la fortune leur en donne le droit. Les autres seront soumis au devoir par faute de fortune. Le mal fait et subit, les taxes serviront à réparer en générant de nouveaux dividendes pour les entreprises qui en seront chargées. Les dégâts ainsi occasionnés par les choix économiques du système néo libéral seront épongés par les plus faibles et le capital est exonéré des coûts de sa politique. Madame pourra encore faire ses courses à Londres ou passer ses fins de semaines à New-York et les yachts pourront rivaliser en puissance avec leurs diesels. Ils ont , eux, les moyens de polluer. Les chemises fabriquées en Chine, les boutons en Inde, le fil en Egypte, le coton ailleurs, le tout assemblé au Maroc et empaqueté en Equateur. La chemise aura fait le tour du monde par l’opération du « saint esprit ». Les chemins sont longs et tortueux afin d’utiliser les nouveaux esclaves à un coût moindre que les anciens. Pendant ce temps il y a de sales pollueurs qui n’utilisent pas le co-voiturage pour aller travailler pour le salaire minimum et qui n’utilisent pas le train dont la ligne est supprimée. Ils habitent à vingt kilomètres de l’usine, faute de moyens pour se loger en pleine ville. Ils font leurs courses en voiture , au super marché le plus proche, à quinze kilomètres (pire que Londres). Ceux là , n’iront jamais voir la dernière exposition à la mode à Los Angeles conscients des nuisances qu’ils pourraient occasionner à la planète, puisqu’ils n’en ont pas les moyens. C’est une façon de se consoler ! Souffrez ici bas, vous les petits, les sans grade et sans fortune et les riches iront au paradis à la droite du seigneur. Au paradis ils y sont déjà pendant que des pauvres se flagellent à la demande des « guides de conscience ». Pêcheurs chauffeurs et agriculteurs deviennent les boucs-émissaires et les plus gros qu’eux attendent leur naufrage afin de concentrer l’activité convoitée. Le capitalisme et sa forme « avancée », le néo libéralisme, peut se frotter les mains. Il n’est pas remis en cause par les détracteurs de ses dégâts et peut tranquillement poursuivre la spoliation de l’humanité et l’épuisement des ressources de la planète à des fins d’enrichissement d’une infime minorité. Mieux, son idéologie d’exploitation et sa justification économique ont gagné bien des consciences , ce qui autorise certains à se montrer fort face aux faibles et à se tromper de combat.
par pierre publié dans : général
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Lundi 9 juin 2008
                             
                            Appels et initiatives à gauche se succèdent et se multiplient. Au niveau national, avec des noms connus. La nouveauté vient des initiatives locales et départementales, constituées à la base et qui fonctionnent. Elles sont composées pour la plupart d’entre elles par des militants de la gauche du PS, du PC, unitaires de la LCR, d’ATTAC mais également des anciens de LO, des syndicalistes , des militants associatifs et des citoyens inorganisés.  C’est un large éventail de la gauche populaire qui se regroupe, liés ou pas à des appels nationaux.
                         La demande d’unité est forte avec la volonté de repousser le social libéralisme. A la base il n’y a pas de ségrégation dans l’écrasante majorité des initiatives locales et malgré des débuts difficiles compte tenu des moyens et un manque d’organisation. Elles se développent sous une chape de plomb médiatique et la méfiance ou le mépris des appareils en place. Il est pourtant frappant de constater l’arrivée de « responsables » syndicaux, à titre personnel et le fossé qui les sépare du discours des dirigeants de la « gauche » actuelle. Le mouvement social semble chercher une voie plus autonome et à traduire directement ses aspirations politiques  hors du champ traditionnel des partis qui ont failli à cette mission qui était celle originelle de leur fondation.
                     On peut se poser la question du devenir de telles initiatives et les repousser d’un revers de manche : »une de plus ! » . La première question qui me vient à l’esprit c’est « Pourquoi ! ». Cette question le PS ferait bien de se la poser mais auparavant de faire le bilan de son action en dehors de l’autosatisfaction constante de sa direction.
                    Depuis 1920 les conditions n’ont jamais été aussi favorables pour un recomposition ou refondation de la gauche, notamment en France et le nombre d’appels et d’initiatives est un révélateur important. C’est ce qui retient mon attention plus que toute autre considération sur la situation actuelle. Ni optimisme « béat » ni pessimisme, c’est un début et une voie s’ouvre débarrassée de sa gangue social démocrate et stalinienne . Une voie ce n’est pas encore le but mais un moyen pour l’atteindre et il ne suffit pas de la suivre pour y parvenir, les embûches sont toujours sur le chemin que l’on suit.
                         Que traduit cette agitation politique  au bon sens du terme ? Après cette question et sa réponse , l’autre vient : »Que faire ? ».  Faut-il réduire la gauche à ses appareils  et à ses conflits par dirigeants interposés  des multitudes de tendances divisées, incapables de présenter un front commun  face au « social libéralisme .  Les congrès à venir, celui du PS en particulier illustre parfaitement les insuffisances et les limites d’une aile gauche divisée, certes aux élans généreux mais aux solides inimitiés  dont l’avenir peut se résumer à « Canossa » pour les uns et  à l’inexistence pour les autres. N’est-il pas possible de concevoir une gauche de gauche avec tous ceux qui sont vraiment à gauche, ensembles, afin de débattre, de discuter, d’échanger et  pourquoi pas de construire  un projet commun.  Tout passe par le rapport des forces et sa construction a toujours un début et commence par la prise de conscience.
par pierre publié dans : général communauté : Les socialistes de gauche
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Dimanche 8 juin 2008
Ce site mériterait une large diffusion . la bataille socialiste c’est l’ancien courant de Marceau Pivert et Jean Zyromski. C’est aussi un site très fourni en analyses politiques et documents historiques .
lien : cliquer ici
par marx publié dans : général
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Jeudi 5 juin 2008
 
                             Tout va très vite. A peine composé en France, ailleurs c'est la décomposition avancée du social libéralisme. Dans le silence des médias peu enclins à s'épancher sur le sujet, de façon à laisser croire qu'il a un avenir et un devenir politique. A ce propos nous ne résistons pas à reproduire un article du mensuel de la Libre Pensée, LA RAISON de juin 2008. Allemagne, Italie et...

                             Grande-Bretagne : « la pire défaite depuis 40 ans ».
                                 Avec un taux d'abstention record autour de 65% et la perte de 331 sièges, le New Labour a subi sa plus sévère défaite depuis 40 ans lors des élections locales du 1er Mai en Angleterre et au Pays de Galles perdant des bastions traditionnels tels que le Southampton dans le sud et Hartlepool dans le nord ainsi que des fiefs historiques du Labour comme Blaenau Gwent et Merthyr Tydfil dans l'ancienne région minière au sud du Pays de Galles.
                              Le 24 avril dernier, pour la première fois depuis plus de vingt ans, 400 000 fonctionnaires britanniques, rejoints par 200 000 enseignants, représentant un tiers des écoles du pays, se mettent en grève pour protester contre des augmentations de salaires en dessous du taux d'inflation..... » Les fonctionnaires ont été confrontés à une attaque sans précédent du gouvernement au cour des cinq dernières années : 100 000 suppressions d'emplois, un plus grand nombre de privatisations des services publics, des attaques contre les retraites (déjà mise à mal antérieurement) « ,  a déclaré Mark Serwotka, dirigeant du PCS ( Public and  Commercial Services Union).
                           Quelques semaines plus tôt, l'adoption d'une mesure budgétaire imposant désormais les revenus les plus modestes à 20% au lieu de 10% auparavant avait suscité une véritable fronde au parlement. 46 députés travaillistes signaient un amendement condamnant cette mesure et obligeant ainsi  Gordon Brown à faire marche arrière.
                          Commentant ces résultats, Des Turner, député du New Labour déclarait : « Gordon Brown doit comprendre qu'il ne peut pas continuer comme Tony Blair . Le Labour doit se reconnecter avec le peuple ».

par pierre publié dans : général communauté : Les socialistes de gauche
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander

Présentation

Commentaires

Recherche

Blog : Consommation sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus