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socialiste de gauche 65

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"socialiste de gauche", n'est pas un site officiel ! Il rassemble des militants, de simples citoyens de divers horizons qui adhérent aux principes du socialisme. les textes publiés, n'engagent que leurs auteurs et non le PS ou tout autre parti.


La Santé et l’hôpital de Tarbes en particulier.

Publié par pierre sur 2 Février 2009, 15:42pm

Catégories : #dans le 65

                             puisque cet article semble voué aux oubliettes d'autres publications, nous le publions
                                  Il faut revenir à 1981 pour que s’applique une grande politique de Santé publique. C’est notamment sous l’impulsion de Jack Ralite alors ministre du gouvernement Mauroyque le Taux Directeur de l’Etat va connaître une évolution à deux chiffres. L’Hôpital de Tarbes dont le Conseil d’Administration est présidé par le Maire  Paul Chastellain  profite pleinement d’un nouveau développement. De nombreux investissements sont réalisés avec l’Ayguerote en particulier. Ensuite c’est le regroupement avec l’Hôpital de Vic en Bigorre.  Une politique ambitieuse est menée.
                                 A partir du début des année 1990 environ une nouvelle politique se met en place. Le désengagement de l’Etat se traduit par une baisse drastique du TDE avec une évolution négative. L’ensemble des établissements de Santé et plus particulièrement les Hôpitaux qui ont mené des politiques volontaristes de développement et d’investissements se retrouvent rapidement en difficulté du à la charge de la dette. D’autre part de nouvelles missions sont assignées aux hôpitaux mais sans moyens nouveaux. Le taux d’endettement grimpe, à Tarbes le taux d’endettement est supérieur à 70% et est ramené en dessous de 60% en 2000. Les économies ont pu être réalisés par l’abandon ou restriction d’investissements prévus antérieurement. L’Hôpital de Tarbes est sommé de réduire sa dette en quatre ans, en dessous de 45% par le ministère de la Santé et la nouvelle tutelle qu’est l’ARH. De nombreux établissements se retrouvent dans des situations difficiles puisque la plupart connaissent des taux d’endettement  particulièrement élevés. Malgré toutes les difficultés que rencontrent la plupart des établissements publics de Santé, ils ont  une trésorerie saine  qui démontre le sérieux de la gestion et de ceux qui l’ont en charge.
                                   Les différentes tutelles avaient approuvé les choix politiques et financiers de ces établissements et les budgets qui vont avec, sans la moindre remarque et sans formuler la moindre réserve. Les Hôpitaux avaient besoin pour renouer avec l’équilibre au moins le maintien des engagements de l’Etat et autant de temps  qui leur fut autorisé à s’endetter et à constituer un patrimoine public de Santé. Quatre ans c’est trop peu, alors que jusque là le budget Personnel n’avait  pas souffert des nouvelles contraintes, la Tutelle exige de fortes économies sur le personnel. Une partie de la charge de la dette est donc supporté par le personnel, ou plutôt par le manque de personnel dès 2001, 2002. Depuis les effectifs se réduisent et ne cessent de se réduire. Pour tenter de s’adapter a la baisse constante des effectifs, c’est la fuite en avant avec la fermeture temporaire et parfois définitive de lits, ou selon l’offre de soins déterminée par la carte sanitaire. Dans le même temps les pouvoirs publics encouragent le développement du secteur privé et dans les Hautes-Pyrénées ce même secteur peut disposer d’un service d’urgences générateur d’activité.
                                   Les effectifs et les équipements médicaux ont toujours été au centre d’une politique de Santé Publique, la qualité des investissements ont toujours été privilégiés pour une médecine de qualité et égalitaire. Ce n’est plus le cas au terme d’un processus d’une quinzaine d’années. Le patient devient un client et paradoxalement on ferme des lits dans le public et on subventionne selon les cas l’ouverture de lits dans le privé. Il faut noter également que la distribution ou répartition de la Dotation Globale par l’ARH est parfaitement discutable. Cette dernière a une forte tendance à fonctionner en « commissaire politique » , non pas au service d’une mission de Santé mais d’une politique de Santé. « La carotte et le bâton », par pénurie de carottes, il reste le bâton.
                                Le mode de financement des établissements publics de Santé a changé  depuis le début 2008 avec la tarification à l’activité (T2A) qui favorise les actes rentables et au détriment de ceux qui le sont moins. On ne soigne que dans la mesure des crédits et financements issus de l’activité et non plus l’inverse.  La rentabilité financière d’une logique comptable  l’emporte sur la logique des soins. C’est progressivement un comptabilité de type privé qui se substitue à la comptabilité de type public. Les recrutements se font également et plus fréquemment sur des contrats de droit privé au mépris du statut général des personnels hospitaliers.
                                  C’est le personnel qui en premier lieu subit les conséquences d’une telle dérive, heures supplémentaires non payées et non récupérées, pressions et harcèlement et souvent sommés d’interrompre des congés dans l’heure qui suit ou de revenir travailler sur le moment  ou encore réveillés en pleine nuit pour reprendre un service matinal. Le stress est permanent, la crainte et la peur parfois de ne pouvoir prévoir le moindre projet familial.

                                 Ce qu’il y a de curieux dans notre département, c’est la construction d’un nouvel Hôpital regroupant Tarbes et Lourdes . Celui de Lourdes est de toute évidence mal placé et mal approprié. Celui de Tarbes bénéficie d’importants investissements neufs, tout neufs. Des lits vont encore disparaître dans un département vieillissant ,ainsi que de nombreux emplois. Une nouvelle structure pour avoir moins en somme. Il y a encore un autre danger au travers du glissement des secteurs de chirurgie vers le privé et une nouvelle recomposition d’une carte sanitaire au détriment de l’Hôpital Public à qui il ne resterait à terme que les secteurs non rentables financièrement que sont ceux de la vieillesse, des longs et moyens séjours et de fin de vie. Nous savons que les « K » rémunérateurs intéressent le privé alors qu’il est un financement essentiel pour l’Hôpital public et ce qui lui permet par ailleurs de maintenir les services de long et moyen séjour et tous les secteurs liés au grand âge. Sous le dessein de la rationalisation des soins, c’est au rationnement que l’on assiste et  le pire encore qui se dessine. En guise de XXIème siècle , c’est l’hôpital du XIXème qui est de retour.

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