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socialiste de gauche 65

socialiste de gauche 65

"socialiste de gauche", n'est pas un site officiel ! Il rassemble des militants, de simples citoyens de divers horizons qui adhérent aux principes du socialisme. les textes publiés, n'engagent que leurs auteurs et non le PS ou tout autre parti.


Martine Aubry et Ségolène Royal.

Publié par pierre sur 31 Mai 2009, 16:45pm

Catégories : #parti socialiste

             
                      Elles ne représentent pas deux courants du socialisme mais deux courants du Parti Socialiste. La nuance est de taille. Elles n'ont pas deux visions différentes du socialisme, non . Elles ont deux conceptions hors du champ du socialisme et de la social démocratie. Par leur éducation, toutes les deux sont issues du milieu religieux . Alors que la plupart arrivent à s'émanciper, elles pas. Jacques Delord, le père de Martine Aubry a toujours été un militant du catholicisme social et de la doctrine sociale de l'église. Il a certes évolué depuis sa jeunesse , quand cette doctrine se résumait en « Travail Famille Patrie ». Son parcours est fondé sur la doctrine de Léon XIII. Elle est partiellement l'héritière politique de son père en plus rebelle et moins conformiste mais ne s'inscrit pas dans la tradition laïque du socialisme français (temps réservé aux femmes musulmanes pour la piscine).
                        Ségolène Royal est issue d'un milieu catholique différent et malgré le caractère plus rebelle de sa jeunesse, son éducation transpire à grosses gouttes dans ses interventions publiques. Son évolution tend vers le catholicisme social. Les références ne manquent pas avec entre autre « l'ordre juste » « aimez vous les uns les autres » et pour les deux, « la communauté d'intérêts » entre salariés et patrons avec le « gagnant ,gagnant ».
                      La majorité des dirigeants actuels ne sont pas, pour la plupart, issus du « sérail », ni  de la  tradition laïque du socialisme. Cette continuité on la trouve dans une partie minoritaire de la base . Le socialisme français, pour des raisons historiques ,se méfie de la social démocratie allemande, depuis le vote des crédits à la guerre par l'aile droite du SPD et leur trahison à Jaurès et à l'internationale. La SFIO a cultivé cette méfiance assez répandue pendant des décennies au sein de la classe ouvrière. Parfois à tord, la gauche française faisait l'amalgame entre les sociaux démocrates( les doux sociaux démocrates) vendus au système et tous les autres en traçant une ligne entre eux et le socialisme.
                   Ce que l'on désigne comme social libéralisme n'est en fait que le christianisme social, avec certes des différences entre modernes et anciens. Une histoire de courants, qui ne sont pas les courants traditionnels du mouvement ouvrier ni du socialisme, ce à quoi il faut ajouter des « égos » et les plans de carrière. Une formidable entreprise privée sur le plan médiatique avec sa promotion de cadres. Imaginez un instant ,Jaurès, Blum, ou Lafargue, membres de gros conseils d'administration de grands groupes privés. Imaginez ces dirigeants socialistes qui pour des raisons futiles étaient emprisonnés ou forcés à l'exil. Le zèle l'emporte de nos jours sur les convictions. Seuls ceux qui échappent encore à cette problématique, ils sont à l'aile gauche et ne représentent plus que la variable d'ajustement lors des congrès en se ralliant aux moins mauvais.
                 L'affrontement entre les des deux dirigeantes, sur des lignes hors socialisme, c'est à l'évidence un combat de nature différente à celui habituel des courants du socialisme et de ses enjeux. Les radicaux niaient l'existence de la lutte des classes, sauf lors de leur congrès de Bordeaux, en 1933 ou 34 et ne se proposaient pas de transformer la société. Ils avaient pour finalité , la République et la défense de ses principes et particulièrement le droit à la propriété, grande ou petite. Ils utilisaient généreusement le terme de collectivistes envers les socialistes. Ils ne voulaient pas transformer la société et le disaient. Jusque là il n'y a pas de grande différence avec les « socialistes » d'aujourd'hui. Comme quoi l'archaïsme n'est pas là où on veut bien le faire croire. Ce qui diffère grandement ' c'est l'attachement des radicaux à la laïcité, pilier de la République, du moins l'affirment ils et ils ne s'encombrent pas de laïcité ouverte ou moderne et ils n'usent pas de qualificatifs qui laisseraient douter de leur engagement en la matière. La pratique , c'est autre chose « Il y a ce que parler veut dire ! » lançait Herriot à l'adresse de Blum. D'ailleurs, pour qui connaît le milieu rural, il est des radicaux bien plus à gauche que la plupart des socialistes et bien plus attachés aux principes républicains. Bref, « la guéguerre » entre socialistes et radicaux est davantage celle du partage du fromage, tant il y a de monde à caser, que celle de conceptions politiques différentes sur le devenir de la société.
                            C'est un duel de pieuses, dont chacune a des caractéristiques propres de son milieu et de son éducation, qui ne doivent rien au socialisme et tout au PS. L'une en Jeanne D'Arc des temps modernes, semble être investie d'une mission divine, pas l'autre, plus réservée et qui par ailleurs bénéficie d'une certaine expérience sociale. La forme diffère mais le fond est le même « Rerum Novarum » sans les drapeaux rouges des années 70. Certains intègrent le catholicisme social dans le mouvement ouvrier, ce qui est historiquement et politiquement faux, puisque ce fut le fer de lance contre le socialisme et le rempart le plus redoutable de la bourgeoisie contre le mouvement ouvrier. Bernstein est également à la mode dans ces milieux dirigeants mais non pas par son contenu mais parce qu'il fut un révisionniste et le simple fait qu'il se soit opposé au marxisme, séduit ceux qui rejettent en bloc l'héritage politique, idéologique et organique du dirigeant socialiste. Non il n'y a pas du Bernstein derrière, ce n'est qu'un  prétexte puisqu'il ne s'agit pas simplement d'une divergence même fondamentale de méthode. Il s'agit bien d'une différence de fond à démarche caritative. La charité sociale n'a jamais été aux couleurs du socialisme, toujours à celle des maîtres.

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