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socialiste de gauche 65

socialiste de gauche 65

"socialiste de gauche", n'est pas un site officiel ! Il rassemble des militants, de simples citoyens de divers horizons qui adhérent aux principes du socialisme. les textes publiés, n'engagent que leurs auteurs et non le PS ou tout autre parti.


Comment le lexique est passé à droite...

Publié par marx sur 1 Mai 2012, 17:45pm

Catégories : #ailleurs sur le net

publié sur le site Marianne, Lundi 9 Avril 2012

 


Journaliste politique à Marianne chargé du suivi des partis de gauche. 


La gauche n'ose plus parler de « lutte des classes », alors même que la droite la met en pratique. Pointer du doigt ce genre d'aberration, retrouver un discours de gauche, se réapproprier ce vocabulaire soit interdit, soit confisqué par la droite, c'est l'objectif de l' « Antimanuel de guérilla politique » signé par Jean-Laurent Lastelle et Renaud Chenu, véritable méthode d'apprentissage d'une langue en voie de disparition !


Do you speak la gauche, la vraie ? Jean-Laurent Lastelle président du laboratoire d’idées L’Assaut et Renaud Chenu du club Gauche avenir (et contributeur occasionnel de Marianne2), eux, la parlent fluently. Avec leur Antimanuel de guérilla politique*, un ouvrage collectif, ils livrent à leurs lecteurs une sorte de méthode Assimil du militant de gauche évoluant en terrain hostile, un abécédaire de combat « pour couper l’herbe sous le pied à la paresse intellectuelle, à la résignation devant “l’inéluctable” ou tout simplement à l’opportunisme qui pousse les hommes pressés à suivre le sens du vent en affirmant que le “courage” de dire la “vérité” consiste à puiser dans le glossaire “libéral” ». Car pour les auteurs, « utiliser des mots de droite pour draguer l’électorat de gauche, c’est comme sortir en boîte avec les fringues de quelqu’un d’autre, mais deux tailles trop petites. Aucune chance de conclure, et en prime on se sent à l’étroit » !
 
Le reste de l’ouvrage est à l’image de cette note introductive. Drôle, souvent. Militant, tout le temps. Gauchisant, parfois jusqu’à l’outrance. Mais à l’heure de la social-démocratie comme horizon indépassable de la gauche et d'une droite médaillée d’or des Jeux olympiques de la triangulation, ce livre est surtout utile. Car comme le disait Joseph Goebbels que Lastelle et Chenu ont le culot de convoquer : « Le jour où les mots n’auront plus de sens, nous aurons gagné ».
 
Du « triple A » (ce sésame délivré par ces grands humanistes de Moody's et Standard & Poor's) à la lettre V comme « Videoprotection » (le nom si orwellien de la vidéosurveillance), ces redresseurs de gauche devenue trop droitière, traquent et décryptent donc cette novlangue qui, dans tous les discours, a pris ses aises.

Un abécédaire potache et pertinent

Lastelle, Chenu et leurs co-auteurs sont quelque fois attendus lorsqu'ils évoquent par exemple l'expression « prise d'otage » (qui permet « par mauvaise foi, de faire s'entrechoquer deux notions aussi éloignées que le GIGN et la RATP lors des épisodes de grève » et n'est jamais utilisée pour qualifier le « comportement des hooligans fiscaux disant : "Si on ne baisse pas les impôts, je m'exile", ou celui des négriers des classes supérieures affirmant : "Si on ne me défiscalise pas ma femme de ménage, je la paye au noir »). Ou quand ils notent que le mot « grogne » permet, lui, « de ravaler toute tentative de revendication politique plus ou moins de gauche au niveau du cri animal et autorise par métonymie à renvoyer le corps qui l'exprime au rang de bête plus ou moins barbare ». Les auteurs (même s'ils expliquent en introduction qu'une élection se gagne au peuple) semblent parfois aussi oublier que quand la gauche se refuse à utiliser certains mots et à évoquer des sujets (comme la sécurité), sous prétexte que la droite s’en est emparée, elle s’est éloignée de ceux justement à qui elle est censée s’adresser en priorité : les classes populaires.

Mais ils se révèlent être également de talentueux potaches. Quand ils écrivent par exemple en guise de définition de la « main invisible du marché » : « Bien sûr qu'elle existe. Elle a le majeur dressé » ! Ou encore lorsqu'il disserte sur cette curieuse idée de vouloir « moraliser le capitalisme » : « C'est un peu comme demander à un poisson de faire de la bicyclette, c'est stupide » !

Ils se montrent aussi très pertinents quand ils se penchent sur le vocabulaire issu du management et du monde de l'entreprise comme avec les mots « gouvernance » ou « efficient », cet « anglicisme inutile » qui « signifie juste que l'on veut atteindre l'objectif, mais sans états d'âme » et est utilisé « par extension (...) par des économistes pour décrire un phénomène qu'ils ne maitrisent pas » ! Et quand ils s'attaquent aussi, à l'arme idéologique lourde, aux expressions dont se gargarisent les médias dopés à l'immédiateté et dénués donc de la moindre mise en perspective historique. Il en va ainsi de l'expression « révolution Facebook ou Twitter » : « Toute tentative de qualifier une révolution autrement que par son lieu d'expression géographique (révolution Facebook / des Œillets / du Jasmin / des Roses / orange) correspond à une intention de fixer sa singularité dans un branding moins agressif (que de fleurs !) afin d'en limiter la portée universelle ».

De dangereux « archaïques » Lastelle, Chenu et consorts ? « Les archaïques d'aujourd'hui sont généralement les modernes de demain », écrivent-ils comme une réponse à ceux qui voudraient leur faire cette critique, « Qui aurait pu croire que la nationalisation des banques, comble de l'archaïsme des années 1990-2000, s'imposerait, même en Grande-Bretagne, près de dix ans plus tard ! » Alors non, leur livre est, il faut le répéter, simplement utile. Il fait office de purificateur de l'âme si, par malheur, vous avez été obligé d'écouter en boucle l'intégral de Michel Sardou ou si, pire encore, vous avez eu la malencontreuse idée de lire une note de la fondation Terra nova...


* Antimanuel de guérilla politique - Idées de gauche contre mots de droite. Sous la direction de Jean-Laurent Lastelle et Renaud Chenu. Editions Jean-Claude Gawsewitch. Mars 2012. 160 pages. 14,50 euros.

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charlec 01/05/2012 23:44


Pourquoi la question FH est il un homme de gauche?Pourquoi n'avons nous pas eu a poser la question a Waldeck rocher , Jacues Duclos ect Le seul sns bonne manieres etait GMarchais  Alors
faisons en sorte que se dessine un profil type de l'humaniste Afin que s'installe une culture de gauche car epuis 1789 l'exemple nos a ete trace et certain  pour des bonnes manieres ont
fairt semblant d'ignorer  ceux qui part leur travail sente la sur et derange par leu langae peut chatie

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